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Full text of "Quelques-unes des industries indispensable a l'avancement de la colonisation et utiles a l'immigration dans la province de Quebec"

Quelques-Unes des Indu^ries 
Indispensables 



L'Avancement de la Colonisation 
et Utiles à l'Immigration 



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Province de Québec 

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Société de Colonisation de iMontréal 



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Quelques-Unes des Indu^ries 
Indispensables 



L'Avancement de la Colonisation 
et Utiles à l'Immigration 



DANS LA 



Province de Québec 

Canada 



Mises en relief à l'inspiration de la 

Société de Colonisation de Montréal 



1914 
MONTREAL, P Q., Canada. 



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PREFACE 



A Monsieur Rodolphe Monty^ C.R. 

Président de la Société de Colonisation de Montréal. 



Je me permets de dédier cet humble travail avec l'espoir 
qu'on lui fera bon accueil. L'un des jeunes avocats les 
plus distingués du Barreau de Montréal mérite certes mieux 
que ce que je lui offre. Mais, son dévouement bien connu 
à toutes les bonnes causes et la façon généreuse avec 
laquelle il consacre, les quelques loisirs que lui laisse le soin 
de sa nombreuse clientèle, à l'oeuvre de la colonisation dans 
la province de Québec, me fait espérer qu'il sera indulgent 
envers moi. Le zèle qu'il déploie pour assurer des défri- 
cheurs à nos terres encore incultes et accroître par là notre 
prépondérance dans la Confédération Canadienne, le place 
bien haut dans l'estime de ses compatriotes. Aux hommes 
dévoués, dont se compose le Conseil d'Administration de 
cette société, que préside avec tant de sagesse M. Monty, 
j'offre aussi mes humbles hommages. C'est grâce à l'esprit 
éclairé de son président que la Société de Colonisation vient 
d'agrandir sa sphère de travail et faire appel à l' immigra^ 
tion de langue française qui devra apporter au développe- 
ment de nos ressources agricoles et forestières ses épargnes 
et son expérience pour contribuer, avec les nôtres, à faire de 
la province de Québec, toujours française, l'une des plus 
riches du Dominion. 

L. E. de CARUFEL. ' 



<^^^^^^^^^^^|p^^^^^^^^|p^ 



SOCIETE GENERALE DE 

COLON IS ATION 

= ET DE = 

RAPATRIEMENT 

de la Province de Québec 

PATRONS 
L'HON. SIR FRANÇOIS LANGELIER 

Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec. 

SA GRANDEUR MONSEIGNEUR PAUL BRUCHESI, 

Archevêque de Montréal. 

PRESIDENTS D'HONNEUR 
L'HON. J. P. B. CASGRAIN, Sénateur 
M. OLIVIER FAUCHER, Industriel 

CONSEIL EXECUTIF 

Président . . . . . RodolpheMonty, avocat, C.R.; 

1er Vice-Président . . . . Thomas Dufresne, Industriel 
2ème Vice-Président - - - G. D. Sévigny, Négociant 

Agent Général J. A. Bigonesse, Médecin 

Secrétaire-Trésorier - - - - L. E. de Carufel, Publiciste 
et S. Dufault, Sous-Ministre de la Colonisation, des Mines et des 

Pêcheries de la Province de Québec 
Ed. LeBel, Comptable; E. Tarte, Publiciste; A. Duranleau, Avocat; 
Frs. de S. Bastien, Avocat; Ed. Rodier, Bourgeois. 

Siège d'Affaires de la Société: 
100 RUE SAINT- JACQUES, " MONTREAL, Canada. 

Agences de la Société dans la Nouvelle-Angleterre 

M,M. Albert E. Plante, au journal P'^ Indépendant", Fall- 
River, Mass.; J. E. Héroux, 29 Cumberland St., Woonsocket, R. L; 
J. B. S. Brazeau, au journal ''Le Jean-Baptiste", Pawtucket, R. L; 
Dr. Janson Lapalme, 17 Chandler St., Lawrence, Mass.; J. B. 
Charbonneau, 217 Main St., Biddeford, Me.; J. Alban Laferrière, 
1037 Elm St., Manchester, N. H.; Geo. Levasseur, 28 Washington 
Square, Worcester, Mass; Elz. Gingras, 29 Waybosset St., Provi- 
dence, R. I. 

AGENCES EN FRANCE, EN BELGIQUE ET 
EN SUISSE 

Paul Wiallard, 3 Rue Lysly, Paris France. 

X...., 23 Place de la Gare, Anvers, Belgique. 

J. M. Currie & Cie., 2 rue Pleuvery, Havre, France. 

J. M. Currie & Cie., 10 rue Auber, Paris, France. 

Pitt & Scott, 47 rue Oambon, Paris, France. 

V. Bull, 26 Place de la Broucherie, Bruxelles, Belgique. 

Van Den Abeele & Cie., 72 Longue Rue Neuve, Anvers, Belgique. 

Rommel, 12 Central Baknplatz, Baie, Suisse. 

Perrin & Cie., Place St-François, Lausenne, Suisse. 

Eugène Vars, 10 Grand Quai, Genève, Suisse. 



INTRODUCTION 



Ayant constaté, après de longues observations, que pour as- 
surer le rapide développement de la colonisation dans la province 
de Québec, il fallait encourager la création, dans nos régions de 
forêts, d'industries qui puissent bénéficier à nos défricheurs et 
leur permettre de tirer parti de leur bois, nous avons cru bon 
de mettre en relief quelques-unes des multiples industries qui 
font la fortune de la France et sont la source de grands revenus 
dans plusieurs pays d'Europe, ces industries, petites et grandes, 
favorisant les populations ouvrières et agricoles des régions 
montagneuses. 

Pour faciliter notre tâche, d'un genre tout nouveau, nous 
avons dû puiser largement surtout dans l'admirable traité de 
M. Alphonse Mathey sur "L'Exploitation Commerciale des 
Bois" et dans celui non moins pratique de M. Bouquet sur "Les 
Eléments de la Sylviculture." Dans l'un et l'autre de ces au- 
teurs, nous avons trouvé l'inspiration d'un travail, qui devra, 
nous l'espérons, attirer l'attention de gens ayant et l'expérience 
et ie capital voulus pour tenter chez nous, où ils ont toutes les 
chances de succès, l'établissement d'industries dans les conditions 
que nous nous sommes efforcé de* décrire. Certaines de ces in- 
dustries, comme on pourra le voir, demandent une si faible mise 
de fonds qu'elles peuvent être entreprises avec profit par le colon 
lui-même. 

Autrefois, le colon se contentait, durant la saison du chô- 
mage, du gain que lui offrait la coupe du bois par les compagnies 
de chantiers, mais cette ressource ne lui suffit pas, d'ailleurs les 
besoins de la vie, devenus plus nombreux et plus pressants, le 
mettent dans l'obligation de se créer des moyens nouveaux 
d'existence que seule saurait lui procurer l'utilisation des bois 
dont se compose son petit domaine forestier. 

Pour les fins de commerce toujours croissant, une infinité 
d'articles de première utilité devraient avoir leurs ateliers de 
confection de préférence, dans les centres en voie de défriche- 
ment. Les petites et les grandes industries prendraient de l'essor 
à se rapprocher de la matière première. Figure dans les petites 
industries, celle du cerclage, de la fabrication des cerches dont 
on fait les boîtes à fromage, les mesures de capacité, etc., et ce 
qui a trait à la boisselîerie ; enfin, les jouets d'enfants et les 
fourches utilisées dans les campagnes pour les travaux de la 
fenaison et de la moisson. Les bois requis pour ces divers usages 
abondent dans nos forêts. 



Il devrait en être ainsi pour la plupart des grandes indus- 
tries ou des grands emplois du bois. Le commerce et le consom- 
mateur auraient beaucoup à y gagner, quand même on ne ferait 
que le débit des bois pour être façonnés ensuite sur la place d'é- 
coulement, l'avantage qu'en retirerait la mise en valeur agricole 
de nos régions de colonisation, serait considérable. 

Dans les grandes industries figurent les débits du bois de 
wagons, de madriers, de planches, etc., pour usages divers ; celui 
des bois de cintrage, de carosserie, de bateaux, de charpente, de 
menuiserie, d'ébénisterie, de portes et fenêtres, de montures, de 
parquets et de meubles, de charronnage, moyeux, jantes et rais» 
On peut aussi ajouter les boiu de tournerie, de sculpture, de 
caisserie et de pavages. 

Il ne faut pas oublier que la très grande partie des articles 
ci-dessus se fabriquent dans les villes, au milieu des grands 
centres de population où la main d'oeuvre est chère et le coût 
de la vie exhorbitant tandis que ces industries du bois pourraient 
s'exercer à si bon marché dans nos forêts pour l'avancement des 
centres nouveaux et l'encouragement de l'agriculture. Quand 
même ne ferions-nous qu'amener les producteurs à faire le débit 
de leurs bois en forêt, nous aurions partiellement atteint le but 
que nous nous sommes proposé et nous pourrions alors entretenir 
l'espoir d'enrayer par ce moyen l'éxode des campagnes vers les 
villes dans le plus grand intérêt du bien-être général et du déve- 
loppement de la richesse nationale. Aussi, réussirons-nous à 
attirer une immigration de langue française dans la province de 
Québec? 




VALEUR DU DOMAINE FORESTIER DU COLON, SON 
IMPORTANCE COMMERCIALE 



Nous ne pouvons empêcher la mise en valeur agricole par 
nos défricheurs de certaines parcelles de nos forêts, l'intérêt 
particulier comme l'intérêt général le réclame, car où irait notre 
surplus de population et une bonne partie de l'immigration à 
laquelle nos gouvernements font appel, si ce n'est vers les ré- 
gions boisées où l'on peut facilement fonder un foyer. 

Il s'en suit donc qu'il est opportun que le colon soit con- 
Taincu de l'importance et de la valeur de son bois et il n'y arri- 
vera ({u'en ayant à sa portée les connaissances agricoles et syl- 
vestres qui lui sont nécessaires. Jusqu'aujourd'hui, on a un peu 
trop abusé de son ignorance sous ce rapport. C'est ainsi que dès 
les débuts de ses défrichements, il se voit enlever pour une baga- 
telle, le meilleur de son avoir. On lui achète donc à vil prix le 
bois marchand que contient son petit domaine. Ceci ne devrait 
plus être. 

Nos bois ont pris depuis quelques années une valeur com- 
merciale considérable dont devraient bénéficier tous ceux qui 
possèdent la moindre parcelle de forêt. Le bois de pulpe est 
très recherché et les fabricants paient de bons prix; les essences 
pour les constructions civiles et autres sont en grande demande ; 
la modification qui s'est opérée dans le marché, en ces derniers 
temps, est une véritable bonne fortune pour le pauvre comme 
pour le riche. Le colon devra lui aussi en profiter, mais il lui 
faut agir avec beaucoup plus de discernement, car la production 
du bois de pulpe, particulièrement, entraîne à courte échéance, 
la ruine de la forêt. Quand il saura comment traiter le bois de 
son domaine de façon à se créer un revenu fixe sans en altérer 
l'existence, il aura à coeur de conserver celui-ci et à le protéger 
contre tout ce qui peut l'affecter. 

11 faut donc enseigner au colon à aménager sa forêt, d'après 
les données de la science, pour en tirer une récolte qui puisse 
bon an mal an lui créer des revenus et l'aider à équilibrer au 
besoin son budjet. Cent acres de terrain généralement bien boisé, 
avec des coupes réparties annuellement sur toute la surface, ou 
parcelle, sur des périodes de 10 années pour les résineux et de 
quinze ans pour les feuillus aux conditions actuelles du marché, 
devraient lui constituer un rapport annuel de quatre à cinq 
cents piastres. 

A l'appui de ce que nous venons d'énoncer voici ce qui res- 
.sort de l'expérience de l'une de nos plus grandes maisons de 



8 

commerce pour la valeur des bois sur place, c'est-à-dire sur le 
parterre des coupes dans la forêt. 

Un lot de cent acres dans de bonnes conditions de boisement, 
peut produire, dans une seule coupe, par toute la surface, 15,000 
billots de tous bois équivalant à 750,000 pieds mesure de planche 
qui, évalués à $3.00 le mille pieds, donnent $2,250. Cette coupe 
prise sur toute la surface ou répartie sur un dixième, s'il s'agit 
d'une révolution de 10 ans, créera un revenu annuel de $225.00^ 
sans préjudice au développement et à la perpétuité des essences. 

A tout événement, en moyenne un lot boisé produit au moins 
500,000 pieds de bois que nous pouvons, pour mieux préciser nos^ 
explications, évaluer à 200,000 pieds de bois dur et à 300,000 
pieds de bois mou, dont la récolte ou coupe peut être répartie 
sur une période de 10 à 15 ans assurant à son propriétaire du tra- 
vail pour la saison de l'hiver, plus un revenu considérable et 
régulier soit que le bois en grume soit vendu à un propriétaire 
de scierie ou bien qu'il soit mis en planches et en madriers pour 
le commerce et la construction. Ceci étant démontré, nous allons, 
maintenant établir les profits : 

Le bois mou en grumes, comprenant le sapin, l'épinette, la 
pruche, etc. ,vaut en moyenne $6.00 le mille pieds livré aux pro- 
priétaires de scierie sur les voies d'eau ou parfois directement à 
la scierie quand la distance est faible. Les bois durs tels que l'éra- 
ble, le merisier, le hêtre, l'orme, etc., $10.00 le mille pieds en 
grume livrés à la scierie ou au chemin de fer, n'étant guère flot- 
table la livraison est différente et le prix en est plus élevé. En 
résumé, 300,000 pieds de bois mou en grume à $6.00 le mille pieds 
égalent $1,800 et 200,000 pieds de bois dur à $10.00 font $2,000, 
formant un total de $3,800, le travail et la matière première com- 
pris, donnent une revenu annuel de $380. si l'on repartit le tout sur 
une période de 10 ans. Cette somme s'accroîtra de beaucoup si le 
bois est débité en planches et e nmadriers pour le commerce ce qui 
peut se faire facilement au moyen de l'installation d'une scierie 
mécanique comme nous l'indiquons plus loin. Tous les profits 
alors résultant des débits et des sciages resteront au propriétaire 
de la scierie, il s'en suit qu'il est très important que le possesseur 
d'un ou plusieurs lots de terre bien boisés fasse lui-même toutes 
ses opérations pour éviter le plus possible des frais de main 
d'oeuvre. Nous établissons donc comme suit ce que lui rapporte- 
rait son bois: 

300,000 pieds de bois mou à $ 6.00 le mille pieds $1,800 

200,000 pieds de bois dur à $10.00 le mille pieds 2,000 



Total $3,800 



300,000 pieds de bois mou à $15.00 le mille pieds, en plan- 
ches et en madriers $4,500 

200,000 pieds de bois dur à $20.00 le mille pieds, en plan- 
ches et en madriers 4,000 

Total $8,500 

A ces chiffres, il convient d'ajouter les revenus provenant de 
l'utilisation des déchets de la scierie ainsi qu'il en est question 
ailleurs. Il importe beaucoup de remarquer que l'estimation qui 
précède, faite à un point de vue d'ensemble, peut varier quelque 
peu avec les régions où se font l'exploitation et le défrichement, 
mais elle ne saurait être sensiblement inférieure, et, en maints 
endroits, elle sera certainement supérieure . 

Il s'en suit donc, d'après ce qui précède, que le colon ayant 
les connaissances voulues et la ferme volonté de mettre en pra- 
tique ce que la science et l'expérience lui conseillent, a dans la 
possession de son petit domaine forestier une source sûre de 
revenus inépuisables dont la valeur moyenne atteint aisément 
le chiffre de $400 à $500 annuellement pour le bois marchand. 
Reste encore le bois de feu qui n'est pas pour lui sans importance. 

Un lot ou une concession de terrain boisé, pour les fins de 
l'agriculture, est de cent acres, plus ou moins soumis à certaines 
conditions d'établissement. Le prix est de 20 à 30 cents l'acre. 
Avant l'émision des titres parfaits de propriété, il est alloué au 
concessionnaire, le colon, de vendre à son profit tout le bois con- 
tenu dans ses défrichements. Un seul lot est octroyé au père de 
famille ayant moins de quatre enfants et deux lots s'il en a (juatre 
et plus; le célibataire ne peut avoir qu'un lot. 

LE BOIS DE FEU COMME SOURCE DE REVENU ET 
L'AMENAGEMENT DE LA FORET 

Sur le lot du colon, il n'y a pas seulement que le bois de 
planche qui puisse être exploité avec profit, restent encore le 
bois de pulpe et celui de chauffage. Le premier vaut de $4. à $6. 
la corde, longueur de 4 pieds, en menus bois, et le second de $2. à 
$5. la corde en longueur de 39 pouces. 

Nul doute, il y aura toujours un marché payant pour les 
bois de papier, et si nos défricheurs savent faire un usage intel- 
ligent de leur domaine boisé, ils en feront leur meilleure source de 
revenus. Le bois de feu ne promet pas moins à l'exploitant. Nos 
régions de colonisation peuvent ainsi fournir par an des mil- 
lions de. cordes de bois, et contribuer, en abaissant le prix de la 
houille noire, à faire la fortune du colon. 



10 

A la suite du congrès de colonisation de St-Jérome, il y a 
quelques années, la Cie du chemin de fer Pacifique Canadien 
consentit à abaisser ses taux du transport du bois de corde, dans 
le but de favoriser le colon de la région du Nord de Montréal, 
mais celui-ci ne semble pas en avoir beaucoup profité. Le com- 
merce du bois de corde n'a pas fait de progrès sensibles bien 
que cette réforme fut demandée à grands cris. Il faudra cepen- 
dant, tôt ou tard, que nos défricheurs reconnaissent l'importance 
de cet article dont l'exploitation peut leur être si utile et leur 
coûte si peu. 

L'excuse du coût du transport n'est plus un obstacle puiis- 
que le prix au wagon, de la capacité de 10 cordes, fut réduit de 
$20 à $15, pour les endroits de LaBelle et audelà. Comme ce& 
bois sont transportés à raison de leur poids, et il s'en suit que ceux 
dont la dessiccation est complète sont à l'avantage du vendeur. 

En prenant possession de son lot, le colon pourra débuter 
par la coupe des essences devenues caduques, puis celle des brins 
trop serrés, afin de donner de l'essor aux autres; assainir le sol 
s'il y a lieu; clôturer son domaine pour le protéger contre les 
animaux nuisibles, enfin, lui donner les soins que requiert la 
sylviculture. Il devra finir, et ce n'est pas le moins important, 
pour se guider dans son exploitation, pas déterminer la valeur 
commerciale sur pied de tout le bois qui recouvre ses terrains. 

C'est alors qu'il établira la quantité à couper, chaque année, 
pour réaliser un revenu, sans compromettre l'existence de ses 
massifs. Les jeunes bois ne devront être coupés qu'avec beau- 
coup de discrétion et en nombre beaucoup moindre que les bois 
adultes. Les bois de feu ne devront être puisés que dans les bois 
avariés, les troncs et les rameaux non utilisables dans l'indus- 
trie. Chaque brin à l'état de vie doit être l'objet de sa sollici- 
tude et de sa protection, les sous-bois et les plantes parasites de 
nature à nuire à son développement, devront être écartés ou 
détruits. 

Dans ces conditions, le colon aura toujours du bois pour le 
marché, et, tout en y trouvant son profit, il contribura à fournir 
la matière à foule d'industries, puis à alimenter la scierie dont 
la présence est indispensable aux groupements dans les régions 
de colonisation. Pour le petit capitaliste, il sera une garantie 
de succès en mettant celui-ci à l'abri des ambitions du grand 
concessionnaire de limites à bois. Dans un temps assez rappro- 
ché serait ainsi résolu le problème des relations désirables entre 
le marchand de bois et le colon. 



11 

LA SOIERIE ET SES AVANTAGES DANS LES 
CONDITIONS REQUISES DE SUCCES 

C'est une chose indispensable, l'expérience l'a suffisam- 
ment prouvé, que la présence de la scierie dans un endroit de 
colonisation. Autour d'elle, comme autour du clocher, se font 
les groupements de population. Celle-ci vient-elle à disparaître 
que ceux qui en ont bénéficié se dispersent et l'avenir de la 
colonie en voie de formation est à jamais compromis. 

Nous avons vu dans la région LaBelle, avec laquelle nous 
sommes en relations suivies depuis nombre d'années, tant de 
beaux débuts agricoles au sein de la forêt, péricliter et disparaî- 
tre à la suite de la clôture des portes de la scierie, que nous 
nous sommes demandé quelles pouvaient bien en être les causes. 
Nous ne croyons pas nous tromper, après de scrupuleuses obser- 
vations, d'avancer que le manque de capitaux, pour mener une 
entreprise de cette nature à bonne fin, y est pour beaucoup. 
Puis, que les connaissances requises des petits et des grands 
usages du bois font tout à fait défaut chez nos exploitants. En 
dernier lieu, nous ajouterons l'insuffisance de relations pour 
assurer l'écoulement des produits. 

La coupe du bois en forêt, coûte trop chère à nos petits ex- 
ploitants, les débits que l'on en fait ne sont pas assez variés et 
les moyens de tirer partie des faux bois sont absolument nuls, 
quand il serait possible de faire de ces derniers une utilisation 
rationnelle susceptible d'emplois divers et très rémunérateurs. 

On se contente trop généralement de ne faire que des débits 
en planches et madriers. Dans quelques scieries, et c'est la rare 
exception, on joint la fabrication du bardeau et de la latte dont 
la demande est trop limitée pour les raisons précédemment 
énoncées. Ces efforts sont insuffisants pour couvrir les frais ou 
assurer à la mise de fonds des bénéfices raisonnables. 

La saison des coupes ou celle des chantiers finie, les bois 
en grume sont dirigés par eau ou par terre, sur la scierie où 
l'on procède à toute vapeur aux débits sans se préoccuper des 
rognures, des fausses coupes et des débris si nombreux, comme 
on le sait, qu'on laisse s'accumuler et périr. En moins de trente 
jours, l'opération des sciages est finie. La scierie est alors close 
et le chômage suit. Il s'écoulera six mois avant que la dessicca- 
tion des bois débités soit suffisante pour leur mise sur le marché 
ou leur livraison sur les lieux de consommation. Pendant ce 
temps le capital déplacé ne rapporte rien et si on n'a pas les 
reins assez forts pour supporter la pression qui s'exerce, souvent 
de tous côtés, c'est la fermeture définitive de la scierie qui se 
produit avec toutes ses conséquences. 



12 

Les scieries, dès leur début, devraient être outillées de fagon 
à mettre à profit tout le produit de la forêt et les débits être 
assez variés pour assurer leurs opérations durant les douze mois 
de l'année. On pourrait faire, entre temps, le découpage des bois 
destinés aux établissements miniers, télégraphiques et électri- 
ques; la préparation des bois de charpente, tels que poutres, 
solives, chevrons, etc.; Téquarrissage des pièces requises dans 
les constructions civiles, maritimes, celles des chemins de fer et 
des tramways; la confection des traverses ou dormants dont la 
consommation a pris des proportions énonnes; le débit des bois 
de wagons, de ceintrage, de carrosserie, de menuiserie, d'ébé- 
nisterie, de pavages, etc. 

En se limitant au débit des bois pour le compte des maisons 
de façonnement où se trouvent l'outillage et le personnel voulus, 
l'existence ou le succès de la scierie serait assurée et celle-ci 
pourrait rapporter à son propriétaire des bénéfices raisonnables. 
La colonisation elle-même y aurait sa bonne part puisque l'une 
et l'autre doivent marcher de pair. 

Donc, le débit des bois bruts en sciage pour les fins précé- 
dentes, s'il était sagement rais en pratique, raffermirait l'indus- 
trie et contribuerait au développement de la vie économique dans 
nos forêts. Les bois débités constituent une marchandise d'une 
plus grande valeur parccqu'ils en facilitent l'emploi et économi- 
sent les frais de transport. Débarassés de leurs déchets, les bois 
sont de manutention plus facile. D'autre part, le façonnnage se 
faisant en dehors du parterre des coupes et des lieux de débits, 
a pour effet de favoriser à la fois l'exploitant et le fabricant, le 
com,merce également en bénéficie. 

Pour ces motifs, nous ne voyons pas pourquoi la scierie, qui 
est la première manifestation de l'activité commerciale dans une 
région de colonisation, ne se maintiendrait pas pour le bien de 
la communauté et celai du pays. 

CHOIX DU LOCAL DE LA SCIERIE ET DE 
SES MOTEURS 

L'utilité de la scierie en région de colonisation étant établie 
et les connaissances qu/elle requiert de la part de son exploitant 
pour faire son succès existant, il est convenable de dire un mot 
du choix de l'emplacement et de celui du moteur. 

L'emplacement d'une scierie doit être choisi de façon que 
les bois puissent facilement arriver à l'usine et que les produits 
débités puissent être transportés rapidement avec le moins de 
frais possible, vers les lieux d'emploi. 

Plus le bois est bon marché plus la valeur des déchets est 



13 

faible et plus il importe de reculer les chantiers vers le centre 
des massifs à exploiter. Quand le bois est cher les déchets ne 
sont plus quantité négligeable; alors le choix de remplacement 
de la scierie doit être fait surtout en prévision des débouchés; 
la proximité d'une voie d'eau, d'une gare est la condition même 
du succès de l'entreprise. 

Pour la production de la force, on a le choix entre les mo- 
teurs à eau, les machines à vapeur, les moteurs à explosion. Les 
moteurs à eau sont les plus économiques, mais demandent des 
chûtes à débit régulier et suffisant. En outre, leur emplacement 
est imposé par la nature des lieux et ils sont souvent d'un accès 
difficile, tant pour la réception des grumes que pour l'expédition 
des sciages. Ils conviennent donc pour les petites installations, 
faciles à établir dans les régions montagneuses. 

Dans les régions de plaines et pour les grandes installations, 
c'est à la vapeur qu'il faut demander l'énergie nécessaire pour 
actionner les outils. Le choix de l'emplacement se fait en toute 
liberté, à proximité, soit d'une gare, soit d'une voie d'eau. Quant 
aux moteurs à explosion, leur emploi est limité à la petite indus- 
trie qui transforme et utilise les déchets des grandes scieries. 

Comme on peiit le voir, le moteur à eau, pour plusieurs rai- 
sons, est celui qui convient le mieux à nos régions de colonisa- 
tion. Il est aussi plus en rapport avec les moyens très limités de 
nos défricheurs. Ces moteurs hydrauliques sont de quatre sortes : 

lo. La roue en dessous à axe horizontale, dont les aubes 
sont de palettes pleines dirigées vers l'axe de rotation. ELle 
convient à de petites chutes d'eau, est facile à construire et à 
réparer, peu coûteuse et peu embarrassante; elle peut, marcher 
à de grandes vitesses. 

2o. La roue de côté, c'est-à-dire dont l'orifice qui donne 
l'eau est placé à une hauteur intermédiaire entre le haut et le 
bas de la roue. Sa vitesse est moindre que celle de la précédente. 

3o. La roue endessus ou à augets recevant l'eau à la partie 
supérieure dans des auges polygonales ou courbes par l'intermé- 
diaire d'un canal rectangulaire. Sa vitesse peut atteindre 30 à 

35 tours à la minute. Cette roue convient aux chutes de 12 à 

36 pieds. 

4o. Les turbines, roues hydrauliques à axe verticale, tour- 
nant avec une grande vitesse, occupant peu de place, et pouvant 
débiter des volumes d'eau considérables. Leur vitesse varie dans 
des limites étendues sans que le rendement s'abaisse d'une façon 
notable, ce qui est d'un avantage précieux pour les scieries oii 
le travail doit rester le même malgré la variation du débit des 
chutes. Leur inconvénient est de coûter cher, d'exiger des ou- 



14 

vriers habiles pour leur montage et leurs réparations. Elles con- 
viennent surtout pour l'utilisation de très fortes chûtes, de 36 
pieds et plus. Leur valeur dépend donc de la hauteur des chutes. 
Les turbines semblent l'emporter aujourd'hui sur tous les 
autres moteurs à eau à cause de l'énergie qu'elles peuvent déve- 
lopper, mais comme elles exigent une plus forte puissance de 
.chute, il convient que celui qui a en vue une exploitation quel- 
conque, puisse lui-même définir la valeur en chevaux vapeur de 
la chute que la nature ou le hasard met à sa disposition. Ainsi, 
il pourra mieux se guider dans ses frais d'installation. Ce qui 
sera utile à l'exploitant en moyens, ne le sera pas moins à celui 
de ressources modestes, et, pour servir les intérêts des deux, 
nous donnons ci-après la formule à employer pour déterminer 
la valeur d'une chute ou d'un cours d'eau quelconque en che- 
vaux vapeur. 

PUISSANCE DE LA CHUTE OU DU COURS D'EAU EN 
CHEVAUX- VAPEUR ^ OUTILLAGE DE LA SCIERIE 

Le poids de l'eau en livres passant en uoie minute par une 
chute ou cours d'eau multiplié par leur hauteur en pieds et 
divisé par 33,000 donne la puissance en chevaux-vapeur. On 
trouve le poids de l'eau en mesurant une coupe transversale de 
l'un ou de l'autre en un endroit où le courant n'est pas trop 
tourmenté et assez régulier. La surface de cette coupe ou section 
se fait en pieds, puis la vitesse du courant ou sa marche pendant 
une minute est déterminée aussi en pieds. 

Cette quantité de pieds franchie en une minute se multipli-i 
par la section en pieds, ce produit lui-même multiplié par 621/2 
donne des livres qui, divisées par 33,000 établit des chevaux- 
vapeur pour chaque pied de chute ou de cours d'eau. Ainsi, le 
poids de l'eau égale la section en pieds multipliée par la vitesse 
en pieds par minute multipliée par 62% divisée par 33,000. La 
vitesse du courant à l'endroit de la section se trouve en jettant 
par exemple un bouchon de liège dans le courant et l'on prend 
note de la quantité de pieds qu'il franchit en une minute. Les 
7-8 de cette quantité sont considérés comme la vitesse moyenne, 
les couches intérieures de l'eau vont moins vite que celles de 
la surface. 

Pour exemple, prenons une vitesse de courant déterminée 
de 100 pieds à la minute pour une section de chute de 120 pieds 
de surface. Cette section multipliée par la vitesse donne 12,000 
pieds. Ce dernier nombre, à son tour, multiplié par 62% donne 
750,000 livres d'eau à la minute, ce qui, divisé par 33,000 établit 
une puissance de 23 chevaux-vapeur par pied de chute. 



15 

Ces données, bien comprises, ne devront pas manquer de 
rendre d'importants services. Ce sont des connaissances géné- 
ralement peu répandues qui sont plutôt du domaine de spécialités 
professionnelles que de la masse du peuple. Elles ne sont cepen- 
dant pas, comme on peut le voir, inabordables pour les classes 
ouvrières et on nous saura gré, nous l'espérons, de les mettre 
à la portée de tous, et, l'on pourra, au besoin, en tirer parti. 

Il n'est pas sans intérêt de clore cette étude en disant un mot 
de l'outillage nécessaire au fonctionnement d'une bonne scierie 
bien qu'il vaudrait autant laisser l'exploitant tout à fait libre 
sous ce rapport. Cependant, celui-ci, pour réussir, ne devra nulle- 
ment hésiter devant les frais d'une installation profitable, les 
organes de transmission aussi bien que les scies et moteurs 
devront être du dernier modèle pouvant produire un maximum 
de travail avec le plus d'économie possible. On ne devra se 
servir indifféremment de la scie circulaire, de la scie horizontale 
ou de la scie à ruban, car à chacune d'elle sont attribuées des 
fonctions, qui, s'il en est autrement, ne peuvent donner la somme 
de travail qui leur est propre dans les conditions désirées. 
Ignorer ce principe élémentaire, c'est aussi s'exposer à des bris 
de l'outillage entraînant de lourds frais. 

L'UTILISATION DES DECHETS DE SCIERIE — LA 
CAISSEBIE ET AUTRES EMPLOIS. 

Les services que peut rendre à la colonisation la scierie bien 
outillée, en état de remplir toutes les commandes qui peuvent se 
présenter en fait de débits des bois de façonnements, sont mul- 
tiples. 

Certains débits de bois, tels que ceux de la caisserie, du 
tranchage et du pavage des rues, dont la demande est plus con- 
sidérable que l'on ne saurait l'imaginer, entrent ici en ligne de 
compte. Dans la caisserie, on emploie des bois tendres portant 
bien le clou, choisis tantôt parmi les résineux, le sapin, l'épinette, 
le pin, tantôt parmi les feuillus, le peuplier, le tremble, le hêtre 
et le bouleau. 

On peut utiliser les rebuts des bois mous qui ne sauraient 
trouver ailleurs d'emploi. Le commerce n'exige pas toujours de 
la caisserie fine, le plus souvent l'on préfère des bois simpleraent 
d'épaisseur voulue. Quelques fois les planches, fendues à la scie 
à ruban, sont découpées en largeur convenable et passées à la 
raboteuse mécanique. 

En effet, on se sert en général, comme bois de caisserie, de 
bois de qualités inférieures. Aujourd'hui on ne monte plus les 
caisses. Les planchettes découpées en longueur variable, suivant 



16 

les commandes, sont assorties échantillonnées et mises en paquets. 
Chaque paquet renferme un nombre suffisant de planchettes pour 
la fabrication de 10 à 12 caisses. Le montage se fait au lieu de 
consommation. La dissiccation de ces bois étant parfaite, le coût 
du transport en est diminué d'autant pour le bénéfice de l'ex- 
ploitant. Comme la scierie dans nos forêts peut s'approvision- 
ner de bois bon marché, et s'assurer d'une main d'oeuvre à bas 
prix, il s'en suit qu'elle peut rivaliser avantageusement avec la 
scierie sise dans les grands centres de population. 

Pour les bois de caisserie débités le marché est considérable, 
à ne parler que de celui de Montréal, le débouché est énorme. 
Une seule maison, la fabrique de chaussures Dufresne et Lock, à 
Maisonneuve, en consomme pour plus de huit mille piastres par 
année. Elle fait elle-même le montage de ses caisses. Ses bois 
viennent des scieries de HuU où la main d'oeuvre est chère, la 
vie coûteuse et la valeur des bois élevée. Quels avantajifes il y 
aurait pour nos scieries en forêt à entreprendre la lutte avec ces 
dernières. 

Toutes les grandes scieries de bois résineux en Europe et aux. 
Etats-Unis, possèdent un outillage mécanique pour la fabrication 
des caisses, ce qui leur permet d'écouler facilement leurs bois 
inférieurs et de tirer parti des déchets. Ces commandes sont pas- 
sées à la scierie par différents industriels qui emploient des 
caisses de modèles et de types différents. 

Il existe une variété infinie de caisses. Les plus simples 
sont celles dont les fonds, les couvercles et les panneaux sont 
formés chacun d'une seule pièce. Les plus compliquées ont leurs 
côtés formés de plusieurs pièces juxtaposées par un joint à plat 
ou par un joint à embrèvement généralement à rainure et à 
languettes. Ces derniers sont toujours consolidés par des cadres 
formés de lattes ou de lames. Ces bois débités dans les conditions 
ci-dessus sont montés, au fur et à mesure par les destinataires. 

Certaines maisons de consommation, en Canada, surtout en 
France et aux Etats-Unis, ont des machines à clouer avec les- 
quelles se fait le montage mécaniquement. Le travail à la muin 
se trouve ainsi remplacé avantageusement et la production est 
plus que doublée. Les scieries où se font à la fois le débit et le 
montage des caisses, possèdent des machines à embrèvement per- 
mettant de faire aisément de 4 à 5,000 caisses par jour. L'outil- 
lage comporte : lo. Une machine à embréver ; 2o. Deux machines 
à assembler; 3o. Quatre finisseuses; 4o. Une machine à impri- 
mer. 

Nos scieries en forêt ou en région de colonisation pourraient, 
pour les débuts, se limiter aux bois de caisses grossières, formées 
de planches juxtaposées par un joint à, plat, la face extérieure 



17 

■est passée au rabot. Plus tard, le succès aidant, les opérations 
embrasseront, les caisses et les caissettes en bois mince, compor- 
tant plus de fini pour l'emballage des articles de luxe. 

LE TRANCHAGE ET LE DEROULAGE POUR LA 
MARQUETERIE ET L'AMEUBLEMENT 

Le tranchage et ]e déroulage, qui sont d'usage relativement 
récent, font partie des industries qui auraient raison d'être 
exercées de préférence dans nos régions de colonisation. Ils ont 
pour but de tirer de grumes ou de plateaux, des feuillets parfai- 
tement lisses, secs, d'une ligne à un quart de ligne d'épaisseur, 
utilisés sur une vaste échelle pour placages, par Ja menuiserie, 
le cartonage, l'emballage, les fabricants de boîtes, de jouets, de 
pianos, d'orgues, etc. 

Pour ces. fins, on se sert de deux machines dont l'une du 
nom de "trancheuse" et l'autre de celui de "dérouleuse." Dans 
le tranchage à plat, les planchettes sont débitées parallèlement à 
un diamètre de la bille et dans le tranchage circulaire, les feuil- 
lets sont enlevés suivant la circonférence du bois. 

Les principes de ces machines sont les suivants: Dans les 
trancheuses, les bois préalablement écorcés et découpés eu billes 
de longueurs variables avec la force de l'outil, sont amenés au 
sortir de l'étuve et encore très chauds, sur un chariot mobile, qui 
se déplace devant un couteau simplement animé d'un mouvement 
latéral de translation alternative. Un rouleau compresseur ou 
'Canele pousse les plateaux ou les grumes devant le couteau qui les 
■découpe en minces feuillets. 

Dans les dérouleuses, les grumes sont animées d'un mouve- 
m.ent de rotation, et le bois tranché sort en ruban continu sur 
une toile métalique. Un deuxième couteau, placé en avant du 
premier, découpe la bande en planches de largeurs déterminées. 

Les feuillets ainsi obtenus sont mis sous des hangars bien 
aérés où ils sèchent ou se gondolent. Pour les represser, on les 
passe dans les presses-étuves, à tiroirs, où ils séjournent environ 
pendant une minute par ligne d'épaisseur. Ils sont alors bons 
pour la vente ou le débit. 

Avec les dérouleuses on ne tranche que des arbres de fort 
diamètre parce qu'on n'utilise pas le coeur des arbres. Ce déchet, 
assez considérable peut servir comme bois de chauffage ou de 
boulange. Les bois de tranche doivent être absolument sans 
noeuds et exempts de roulures. On recherche pour cet usage les 
-chênes tendres, le noyer, le hêtre, le tilleul, l'aune, etc. 

En Europe, l'industrie des bois de placages est beaucoup 



18 

plus développée qu'au Canada, elle est utilisée pour une infinité 
d'articles. Le hêtre, le tilleul et l'aune fournissent de petites 
lames très flexibles d'une demie à deux lignes d'épaisseur pour 
doublure de coffrets soignés, de tiroirs, de meubles, le boîtes à 
fromage et à produits pharmaceutiques. 

Le peuplier et l'aune donnent des boîtes pour les confi- 
seurs, les fabricants de chocolats, les joailliers, etc. Le cèdre 
d'Amérique équinoxale et d'Asie est recherché par les manufac- 
turiers de tabac pour la confection des boîtes à cigares de luxe. 

On est d'avis que le tranchage supprime entièrement le rab- 
bottage, économise de la main d'oeuvre ,du temps, du matériel 
et de la matière. Les données que nous avons sous les yeux éta- 
blissent qu'en 10 heures de travail une machine à trancher peut 
tirer 75 pieds cubes de bois tendres, 15,000 pieds carrés de feuil- 
lets épais de cinq-quarts de pouce. Pour obtenir le même r'sultat 
avec une scie ordinaire, il faudrait 126 pieds cubes de bois et plus 
de temps. 

Une installation moyenne comporte une trancheuse ou une 
dérouleuse, une scie à ruban, un banc à affûter, un banc à dresser 
les boîtes et une étuve. La dérouleuse seule et le banc à affûter 
reviennent à environ $2,200. Ces chiffres approximatifs sont 
empruntés à l'industrie française et peuvent sensiblement varier 
de plus au moins, aux Etats-Unis et au Canada. 

Il découle des informations que nous avons prises, que l'in- 
dustrie du tranchage est bien limitée dans notre pays et presque 
nulle dans la province de Québec, où cependant, nous avons des 
bois dont la finesse et la beauté du grain ne sauraient être sur- 
passées si on les connaissaient mieux. Nos forêts abondent en es- 
sence d'où l'ébenisterie pourrait tirer d'immenses revenue. Nos 
feuillus, tels que le chêne, le hêtre, le frêne, l'orme, le noyer, le 
merisier et l'érable ondée ou piquée sont peu utilisés dans le pla- 
cage, malgré leurs qualités réelles pour ces fins. 

Nous ne pouvons nous cacher le fait que nombre d^^ nos 
gens riehes importent des Etats-Unis les ameublements de luxe 
quand ils pourraient trouver aussi bien au Canada. Ce qui cons- 
titue aujourd'hui la valeur du meuble de prix c'est le placage. 
On fait peu ou point d'articles massifs, on achète chez nos voisir.s 
la presque totalité de nos placages, quand on pourrait si avanta- 
geusement s 'appro\ isionner ici, sauf les bois exotiques, tels que 
l'acacia, le chataigner, l'acajou, etc. Il y a un marché plus que 
suffisant dans la province de Québec, pour l'industrie de nos bois: 
de placage, comme on peut le voir. Toute tentative dans ce sens, 
aurait du succès. 

Tous nos établissements de meubles, exception faite des ar- 
ticles destinés aux petites bourses, font du placage. La maison 



19 

N. G. Valiquette, de Montréal, reconnue pour l'une des plus 
recherchées du pays, importe, à l'état de feuillets, tous ses bois 
de placage. Elle en fait elle-même l'application. Sa consomma- 
tion atteint un chiffre très élevé. Voici l'estimation qu'elle veut 
bien nous communiquer de ces feuillets de bois, au mille pieds 
carrés: L'érable, $40 à $60; le chêne blanc, $20 à $45; le meri- 
sier, $10 à $20; le noyer circassien, $50 à $150; l'acajou, $40 à 
$250. Le tout est basé sur l'épaisseur du feuillet, du plus épais à 
l'infiniment mince. 

Nous croyons donc être suffisamment renseigné pour pou- 
voir affirmer que l'industrie des bois de placage et celle de l'é- 
benisterie dans nos forêts de la province de Québec, si elle était 
tentée avec les capitaux et l'expérience voulus, devrait réussir 
On serait étonné de connaître la quantité d'articles d'ébenisterie 
que nous fournit la province d'Ontario, quand nous avons à nos 
portes les essences forestières désirables . Nos maisons d'ameu- 
blements seraient certainement heureuses d'appuyer une entre- 
prise du genre de celle dont nous venons de démontrer l'im- 
portance. 

L'INDUSTRIE DU MEUBLE ET DU PLACAGE. 

L'industrie de l'ameublement pourrait se faire en région de 
forêt et contribuerait beaucoup au progrès de la colonisation 
quand même ne ferait-on que le débit des bois. Au Canada, nous 
subissons comme ailleurs, l'entraînement du placage en ébénis- 
terie. Voici ce qu'en dit un auteur français: 

** L 'industrie du meuble a subi, depuis un demi-siècle, une 
profonde transformation en ce sens que le meuble massif a fait 
place au meuble plaqué, suivant en cela les besoins du luxe con- 
temporain, qui exige des meubles bon marché sans valeur artisti- 
que, mais à effet. Adieu donc les belles armoires, les beaux buf- 
fets, les belles commodes massives des siècles précédents ,en bois 
sculptés, ornés, fouillés. Elles partent chez l 'antiquitaire, en des- 
tination de l'Amérique, ces grandes armoires en noyer, en poirier, 
en chêne diamanté, qui faisaient la joie et l'orgeuil de nos mères." 

''Une industrie très florissante, ajoute le même auteur, en 
Autriche, est celle du meuble courbé, qui pourrait être introduite 
avec avantage dans tous nos grands ateliers de cintrage. Ces 
meubles dépourvus de saillies et d'angles vifs, sans assemblages 
et sans collages, sont très recherchés aux colonies. Il se font 
en hêtre. Les bois abattus en été sont tronçonnées et découpés à 
la scie en lattes carrées de 1 à 3 mètres de longueur et de 3 à 5 
centimètres d'équarrissage que l'on arrondit au tour . 

"On les soumet ensuite, pendant quinze rainutes, à l'action 
de la vapeur surchauffée dans des récipients hermétiquement fer- 



20 

mes. Sous l'influence de la chaleur humide le bois devient mal- 
léable, et il suffit de la force d'homme ou de machines peu compli- 
quées pour faire suivre au bois les contours d'un modèle en fer, 
quelque capricieuses que soient les formes. Ainsi manipulé, le bois 
est mis au séchoir et avec le modèle sur lequel il est assujetti au 
moyen de pinces. Le séchage dure de 2, 3 à 8 jours, suivant la 
dimension de l'objet et de la forme du dessin. On polit, on colore 
et on vernit ensuite les différentes pièces. Il faut des bois sains, 
sans noeuds, les plus jeunes sont plus estimés que les plus vieux." 

Cette tendance du meuble, dans sa fabrication, à se débarras- 
ser des saillies et des angles vifs, se manifeste beaucoup aux 
Etats-Unis et au Canada. Le débit de ces bois pourrait être aban- 
donné aux scieries, en forêt, pour être ensuite remis aux grands 
ateliers qui en feraient le façonnement. 

Le procédé de placage que nous donnons ici n'est pas des 
plus récents, mais les perfectionnements quie les progrès du siècle 
ont pu produire, ne doivent rien ajouter au mérite de cette 
industrie. 

Le placage des meubles n'est pas d'hier. C'est une vieille in- 
dustrie qui remonte au quinzième siècle. Sous Catherine de Médi- 
cis, la vogue du placage fut telle qu'on ne se contenta plus de 
plaquer des meubles mais qu'on fit aussi revêtir des apparte- 
ments entiers, plafonds, parquets et murailles. Sous Louis XIV 
et Louis XV, les meubles furent plaqués d 'ivoire ; sous Louis XVI 
le bois de rose eut de la faveur. 

Cette méthode de revêtement permet d'obtenir à bon marché 
des meubles d'un aspect riche et souvent d'une grande élégance. 
Le placage prend le nom de marqueterie quand il est appliqué aux 
meubles de grand prix. L'importance de ce procédé est basé sur 
ce que le bois précieux étant divisé en feuilles extrêmement min- 
ces, dont la solidité n'est plus en question, on peut tailler à plein 
dans une partie riche de veines ou d'éclat sans avoir à se préoc- 
cuper de la rareté de la matière première. 

Les meubles destinés au placage sont préparés en blanc et 
portent le nom de bâti. Dans leur confection, on emploie le plus 
généralement, le chêne tendre, parce qu'il se recommande par sa 
solidité, et qu'en vertu de ses pores très apparents, il prend 
bien la colle. Tous les bois, en effet, ne sont pas propres au pla- 
cage. 

Nous avons dans nos forêts quantité de bois de meubles, qui 
se prêteraient admirablement aux placages et à la marqueterie, 
nous n'avons qu'à en faire l'essai. 



I 



21 
COMMENT L'ON PROCEDE AU PLACAGE DES MEUBLES. 

Le placage s'effectue à l'aide de colle forte que l'on emploie 
alors qu'elle est claire et jaune et qu'elle file. Le bâti et la feuille 
de placage ont été bien dressés, bien ajustés, l'un sur l'autre, 
toute trace de corps gras pouvant empêcher la colle de prendre, 
ce qui pourrait occasionner des soufflures; étant soigneusement 
évitées, on frotte avec de l'eau le côté de la feuille qui ne doit 
pas être collé et on encolle immédiatement après le côté qui devra 
s'appliquer sur le bâti. 

Le bâti est abondamment badigeonné de colle à la partie cor- 
respondante à la feuille et on applique promptement l'une sur 
l'autre. Il est très important de commencer par mouiller la feuille 
de bois; si on l'encollait seulement, la colle rendrait le morceau 
plus grand, tout en déterminant une courbure, ce qui rendrait le 
travail beaucoup plus difficile. Si on ne mouillait qu'après l'en- 
collage, il faudrait poser sa fixité, elle adhérerait à l'établi, puis 
l'eau refroidirait la colle. Enfin, comme les feuilles de placages 
sont expédiées en rouleaux ou courbées par la sécheresse, l'eau 
fait disparaître les courbes et simplifie les manipulations. 

Quand la colle a été appliquée et les morceaux mis en place, 
le placage s'effectue avec le marteau à plaquer. L'ouvrier main- 
tient de la main gauche la feuille sur le bâti, ou, s'il est néces- 
saire, la fixe à l'aide d'une presse ou de petits clous. De la main 
droite, il appuie avec le marteau sur la partie la plus près de lui 
et pousse en avant avec vitesse et agilité. Il pousse d'abord sur 
tous les ponts, puis recommence l'opération jusqu'à ce que la colle 
forte qu'il aurait déposée en trop sur la feuille sorte par l'une des 
extrémités. Au fur et à mesure que la colle sort, il l'enlève avec un 
ciseau fermoir. La rapidité et le soin sont les bases du placage. 
Le collage parfait se reconnaît au son plein que rend l'objet 
plaqué lorsqu'on le frappe avec le marteau. Il semble que les deux 
parties n'en font qu'une seule. 

Le placage simple terminé on enlève ce qui reste de colle 
avec un ciseau, puis à l'aide d'un rabot à bretter fin, on frotte 
toute la surface du meuble, en opérant toujours obliquement, afin 
de ne pas rencontrer les fonds de face. Les feuilles seraient en- 
tournées et le meuble perdrait toute sa valeur commerciale. A 
mesure que le nettoyage avance et que le placage devient plan, 
on diminue le fer du rabot. Le rabot à replanir doit être savonné 
pour que, par le frottement, il ne puisse adhérer aux traces de 
colle, ce qui ralentirait le travail. 



22 

LE DEBIT DES BOIS DE PAVES POUR NOS VILLES ET 

VILLAGES 

Le débit des bois de pavés serait aussi du nombre des in- 
dustries qui pourraient occuper nos scieries dans nos régions de 
colonisation. Depuis une vingtaine d'années, dans les grandes 
villes d'Europe et aussi aux Etats-Unis, l'usage du bois dans la 
confection des chaussées, se généralise de plus en plus. Montréal 
en a déjà, il n'y a pas bien longtemps encore, fait l'essai, mais 
nous ne savons pas pourquoi on n'y a pas donné suite. 

Rien n'empêche qu'aujourd'hui, sauf au Canada, ce mode de 
pavage fait de tels progrès qu'il sera bientôt d'un usage univer- 
sel. Dans les pays où il se popularise, on l'utilise non seulement à 
améliorer la voirie des villes et des villages, mais encore dans les 
ateliers de montage de locomotives, dans les cours d'usines, de 
magasins, d'hôtels, dans les couloirs de portes cochères, etc., etc. 
La confection des pavés n'exige pas de bois de choix. On peut 
les tirer, soit en madriers d'épaisseur, soit des déchets de scieries 
un peu gros et dont on trouverait difficilement un meilleur em- 
ploi. En Europe, les essences propres aux bois de pavés sont mul- 
tiples, mais au Canada on peut se borner au chêne, au hêtre et 
au pin dont nos forêts abondent. 

Il serait opportun de créer un marché pour le débit des bois 
de pavés dans la province de Québec, en appelant l'attention des 
municipalités de villes et de villages sur le besoin de perfection- 
ner leur voirie. Ce ne serait pas mal à propos, car aux époques 
du printemps et de l'automne, voire même à la suite des pluies 
de durée, dans la belle saison, leurs rues sont de véritables gouf- 
fres. Parfois la circulation n'est accessible ni aux voitures ni aux 
piétons. Cependant, les matériaux qui pourraient contribuer 
au changement de cet état de choses sont à nos portes. L'appli- 
cation en serait si facile, et les résultats se verraient dans le bien- 
être et le confort de tout le monde. Une pareille amélioration 
nous attirerait la visite des étrangers, et, nos petits villages 
surtout, déjà si coquets, doubleraient d'attraction et d'apparence. 

Les pavages en bois ont bien des avantages. Ils sont plus 
doux et plus élastiques que ceux en pierre, en brique ou en béton, 
et à la fois sans bruit et sans trépidation. On leur reconnaît aussi 
le mérite que, dans les grandes chaleurs de l'été les odeurs sont 
plus fortes sur les chaussées en pierre que sur les chaussées en 
bois, fréquemment lavées. Un bon pavage en bois résiste mieux 
à l'usure, se dilate peu sous l'influence de l'huinidité et de la 
chaleur, et se laisse difficilement imprégner par les liquides char- 
gés de germes délétères. 

Les bois secs dans la confection des pavages offrent plus de 
résistance à l'usure et à l'écrasement que les bois humides. Les 



23 

bois lourds se prêtent inoins à l'imbibition des eaux dommagea- 
bles. Parfois pour garantir certaines essences contre la pour- 
riture, on les fait passer par un créosotage préalable, mais il a été 
constaté que les bois créosotes donnent plus d'usure que ceux qui 
ne le sont pas. Il résulte d'expériences faites en Europe, que le 
pavage en bois ne coûte guère plus cher que les autres pavages, 
mais qu'il est d'un peu plus d'entretien, mais il faut lui recon- 
naître de nombreuses qualités. 

Le mode d'exécution du pavage ep bois n'est pas le même 
partout, mais le plus communément employé consiste à poser les 
pavés, qu'ils soient créosotes ou non, debout sur une fondation 
en béton de ciment de Portland que l'on recouvre d'unt légère 
couche de mortier. Les joints unissant les pavés sont entièrement 
coulés en Portland. La chaussée terminée, on répand sur toute la 
surface, une couche de gravier à gros grains sur laquelle on 
laisse la circulation s'effectuer, de manière à faire pénétrer une 
partie de ce gravier dans la tête des pavés. 

Dans nos petites villes et nos villages, la durée des pavés se- 
rait beaucoup plus longue que dans nos grandes cités et la chaus- 
sée exigerait aussi moins d'entretien, la circulation étant compa- 
rativement minime et le nombre de lourds véhicules très petit 
Cependant, l'expérience a prouvé que les chaussées à circulation 
légère, mais rapide, fatiguent plus que" celles soumises à la cir- 
culation lente des plus lourdes, le choc étant des éléments de 
destruction les plus notoires du pavage de bois. Ces observations 
n'empêchent en rien nos villes et villages de paver leurs rues 
et d'employer pour cela le pavé de bois. Une telle amélioration 
dans leur voirie créerait, pour nos régions de colonisation, une 
industrie payante pour le moins des plus profitables. 

LE DEBIT DES BOIS DE CHARRONNAGE ET LES 
ATELIERS MODERNES 

Nous ne saurions trop insister sur l'importance, pour les 
petites scieries, en forêt, de se limiter autant que possible au 
débit des bois pour les fins de l'industrie. Ces fins sont nom- 
breuses et parmi celles-ci, et he n'est pas une des moindres, doit 
figuier le charronnage. La quantité de bois que consomme de 
nos jours le charronnage est énorme et ne fait que s'accroître. 
L'apparition de l'automobile a beaucoup contribué à l'essor con- 
sidérable qu'a pris la carosserie et nul ne peut prédire à quel 
degré d'extension peut arriver cette industrie. 

L'art du charronnage est aussi vieux que le monde. Il a 
pris naissance lorsque l'on sentit le besoin de se transporter 
d'un lieu à un autre, et plus particulièrement d'échanger les 



24 

produits de la ferme. Son utilité fut de tout temps et à la fois 
universelle, aussi trouve-t-on partout des charrons. Il n'est pas 
le plus petit groupe d'habitation au milieu des campagnes qui 
n'ait pas son atelier de charronnage à côté de la forge d'un 
maréchal-f errant. 

Dans le principe, les roues étaient pleines et se faisaient 
d'une seule pièce, qui n'offrait d'autre difficulté que celle de 
trouver des pieds d'arbre d'un diamètre assez fort pour qu'on 
put y découper des roues de grandeur voulue. A cette fabrica- 
tion primitive succéda la roue à jantes, à raie et à moyeu dont la 
fabrication exigea des soins tout particuliers et une habilité de 
la part du charron. Dans nos campagnes se fabrique surtout 
des voitures grossières pour le transport des produits agricoles 
et les matériaux de nature quelconque. Mais, lorsqu'il s'agit de 
véhicules de promenade et de luxe, on a généralement recours 
aux grands ateliers où l'outillage est plus perfectionné et l'ou- 
vrier plus expert. 

Nous verrions avec plaisir se faire le débit des bois destinés 
au charronnage en région de colonisation pour le bénéfice de nos 
défricheurs. Depuis quelques années, les grandes maisons ont 
introduit dans leurs fabriques des machines-outils pour le travail 
du bois et du fer et les essais faits par ces maisons ont amené 
une économie de main-d'oeuvre, en même temps qu'une perfec- 
tion plus considérable avec le même nombre d'ouvriers. 

Ceux-ci ont bénéficié en ce sens que le travail mécanique 
supprime en partie la besogne fatiguante et contribue à transfor- 
mer un novice en ouvrier expérimenté . Grâce à un outillage com- 
plet et des plus perfectionnés, ces maisons, que dirigent des per- 
sonnes de connaissances étendues, peuvent livrer leurs produits 
à des prix peu élevés. 

Dans la confection d'un véhicule quelconque, il entre du fer 
et du bois et c'est le bois qui domine, car il faut compter les 
brancards, les timons, les roues, etc., et enfin le corps de la voi- 
ture. Les débits des pièces diverses peuvent se faire d'avance 
sur commande. Chaque essence de bois usitée dans le charron- 
nage a un emploi différent. 

Avec le même chêne blanc, on fait les timons, les barres et 
les raies; avec le chêne vert les raies et les moyeux; l'orme sert 
à la confection des jantes et des moyeux ; le frêne commun aux 
brancards, limonières, armons et flèches. En certains pays, le 
hêtre est employé à fabriquer des moyeux et des jantes. 

Dans les petits ateliers, le travail se fait toujours avec 
l'ancien outillage et le charronnage à la main est abandonné 
dans tous les ateliers un peu importants, tout se fait mécanique- 
ment, par ce moyen le charronnage a pris un essor considérable. 



25 

Les bois arrivent à l'atelier en grume, sont équarris à la hache 
et, suivant les essences, ils sont débités en plateaux au moyen 
d'une scie à ruban et à charriot, une scie circulaire et une scie à 
ruban à petit plateau permettent de tirer parti des doses. Les 
plateaux débités sont posés en piles après le ressuage et l'étu- 
vage. Le bois à moyeux peut-être employé au bout de trois jours, 
celui des jantes au bout de trois mois et celui de raies au bout de 
trois ans. 

Ici s'arrêterait le débit en forêt auquel ferait suite le tra- 
vail mécanique qui s'exécute avec une précision mathématique 
étonnante. Nous n'entrerons pas dans le détail des procédés de 
fabrication ou de façonnage qui serait trop long. Qu'il nous 
suffise d'ajouter que le débit des bois de charronnage pourrait 
alimenter à perpétuité nombre de scies en région de colonisation. 

PROCEDES NATURELS DE DESSICCATION ET CON- 
SERVATION DES BOIS 

Aux détails et conditions nécessaires au succès d'une scierie, 
il importe de dire un mot des procédés de conservation des bois 
débités ou en grumes. De cette conservation dépend souvent la 
réussite de l'exploitant. 

A mesure que se font les sciages et les débits, les bois doi- 
vent être soumis à la dessiccation laquelle s'opérera dans les con- 
ditions requises par les fins d'emploi. Ils ne seront livrés au 
marché ou à la consommation sans cela, car c'est souvent par où 
pèchent les petites scieries où l'expérience fait défaut. On déposera 
donc les bois dans les docks, empilés proche du chemin d'exploi- 
tation ou sous des hangars spéciaux. 

L'empac^etage doit se faire de façon que les bois ne repo- 
sent pas directement sur le sol humide et que l'eau puisse cir- 
culer librement à travers les piles, A cette fin, la pile doit re- 
poser sur des gisants disposés perpendiculairement à la longueur 
des bûches et des lits alternativement croisés. Autrement les bois 
s'altèrent, se moisissent et perdent rapidement leur valeur com- 
merciale. On doit aussi faire pour les bois de construction ce que 
l'on fait pour les bois de feu. 

Les bois de grumes sont plus exposés aux atteintes dévasta- 
trices du temps. Si l'on est obligé, avant de les mettre en oeuvre, 
de les garder un assez long temps, il faut les disposer de telle 
sorte à l'air libre qu'ils perdent rapidement leur humidité et ne 
soient pas exposés aux, attaques des ferments, des champignons et 
des insectes. Certaines essences, très riches en eau, comme le 
peuplier, le tremble, le hêtre, etc., ne peuvent être conservées plus 
de quelques mois sans altération et demandent à être débité<'s 
encore fraîches. 



26 

En climat humide, tel que chez nous, pour hâter la dessicca- 
tion, on doit écorcer les grumes. Les bois d'industrie doivent être 
empilés soigneusement et leur dessiccation complète contribue 
largement à amoindrir les frais de livraison. On doit avoir les 
plus grandes précautions d'empilage pour les débits en pla- 
teaux, planches, madriers, douelles, etc., qui, s'ils sont empilés à 
plat s'échauffent à leurs surfaces en contact toujours humides. 
Les bois alors se tachent, s'altèrent et finalement pourrissent. 
Pour éviter ces accidents, chaque planche doit être séparée de la 
suivante par des tasseaux de bois très secs qui évitent le contact 
entre les différentes pièces et favorisent le renouvellement de 
l'air. Les sciages résineux doivent être l'objet d'une attention spé- 
ciale car les extrémités sont enclines à se voiler. Les planchers de 
chaque pile, à laquelle on donne la forme d'angle aiguë, alter- 
nées à la tête, appuient en plein leur face sur les autres. Ainsi em- 
pilés ces bois ne sauraient s'échapper et perdre de la valeur. 

11 faut surveiller attentivement les bois empilés encore verts, 
ne pas donner aux piles une hauteur exagérée et prendre soin de 
faire de temps en temps le retournement des faces de chaque pièce 
de façon à mettre en haut des piles les pièces qui étaient au 
bas et vice-versa. Cela est d'autant plus nécessaire qu'au fur et 
à mesure des besoins, on prend toujours dans le haut des piles. 
C'est-à-dire dans les bois les plus récents et les moins secs. Les 
bois empilés encore verts contiennent beaucoup d'éléments putres- 
cibles de là l'obligation de hâter leur dessiccation avec le plus 
grand soin. 

L'emmagasinage sous les hangars est encore le meilleur pro- 
cédé de conservation des bois, on évite ainsi leur dessiccation 
trop rapide qui peut avoir ses désavantages dans l'emploi. L'ex- 
périence a aussi démontré que les bois à la suite d'un long séjour 
dans l'eau deviennent imputrescibles, l'eau ayant pour effet de 
dissoudre la plus grande partie de la sève. 

Voilà pour les procédés naturels de conservation des bois et 
l'importance qu'il faut attacher à leur dessiccation aux fins de 
leur assurer toute leur valeur commerciale. 

LA DESSICCATION DES BOIS PAR LES PROCEDES 
ARTIFICIELS. 

La connaissance des procédés artificiels de la conservation 
des bois est aussi indispensable aux petits propriétaires de scie- 
ries que les procédés naturels et leur usage est très répandu. 

La préservation des bois contre les influences extérieures 
remonte à la plus haute antiquité. On conservait alors les pieux 
enfoncés dans la terre humide en revêtant leur extrémité ou 
bien, on les flambait avant de les mettre en terre. La carbonisa- 



27 

tion superficielle, des bois est un des plus vieux modes de pré- 
servation connus. De temps immémorial, on flambe le pied des 
échelas, des tuteurs, les pièces de raclerie, telles que pelles, at- 
telles, etc. 

Le flambage agit de plusieurs façons différentes. Il rend 
d'abord la surface du bois plus compacte et plus perméable. Il 
tue et détruit ensuite les germes organisés qui se trouvent dans 
les couches superficielles. Il détermine enfin, en-dessous de la par- 
tie brûlée, la production d'une petite quantité de goudron qui 
pénètre de une à deux lignes dans le bois et suffit pour arrêter 
son altération pendant quelque temps. 

Certaines compagnies de chemin de fer, en Europe, utilisent 
le procédé du flambage pour la conservation des traverses. Com- 
me il s'agit de grandes surfaces à flamber, on se sert d'appa- 
reils spéciaux projetant la flamme à l'aide de soufflets sur toute 
la pièce à carboniser. Ce procédé est très économique et donne 
beaucoup de satisfaction. 

Dans l'antiquité, on badigeonnait simplement au lait de chaux 
les constructions en bois pour les prémunir contre les atteintes de 
l'humidité. La pratique en est universellement répandue aujour- 
d'hui. Au Canada, dans nos campagnes, on blanchit à la chaux 
les lambris extérieurs des habitations et des bâtiments de la ferme 
à titre de propreté, mais on n'est pas sans savoir qu'en agissant 
ainsi, l'on favorise leur conservation. La chaux agit comme iso- 
lant d'abord et comme durcissant, ensuite. Il est facile pour cha- 
cun d'observer combien est dur et imputrescible le bois des 
caisses de maçons après un usage un peu prolongé. 

Les substances antiseptiques destinées à prévenir la destruc 
tion des bois sont très nombreuses, leurs modes d'emplois sont 
multiples et leur description ne saurait trouver place ici. Le trai^ 
tement par le créosotage est celui qui semble devoir l'emporter 
sur tous les autres. Il s'appliquera aux bois de pavés, aux tra- 
verses de chemins de fer, aux poteaux de télégraphe, aux bois 
bruts et débités, etc., à toutes les essences forestières. La créo- 
sote ou huile lourde, obtenue par la distillation du goudron de 
houille, est le meilleur et le plus puissant antiseptique connu. Son 
emploi est maintenant général. Elle n'a qu'un défaut, c'est d'être 
chère. 

Le créosotage, à part de protéger les bois contre les attaques 
du taret permet d'assurer la régularité des travaux en toute sai- 
son et l'emploi du bois à l'état frais. 

On compte encore parmi les procédés importants de conser- 
vation du bois celui de la sénélisation qui consiste à éliminer du 
bois les matières azotées au moyen de courants électriques continus 
ou alternatifs. Puis celui de l'ignifugeage qui rend le bois incom- 



28 

bustible en lui incorporant des substances chimiques ignifuges 
ayant pour effet de retarder ou d'arrêter la combustibilité. En- 
fin, les séchoirs de quelque nature qu'ils soient, pourvu qu'ils 
n'altèrent pas les propriétés des essences, sont encore en somme, 
un des procédés les phis anciens, les moins coûteux, et pouvant 
être rangés parmi ceux qui contribuent grandement à la con- 
servation des bois. 

LA LAINE DE BOIS OU LA FIBRE DE BOIS. 

La laine de bois, plus connue dans le commerce sous le nom 
de fibre de bois, servant principalement à l'emballage des objets 
fragiles, tels que verreries, porcelaines, faiences , meubles, celui des 
fruits, poireSjCtc, est une autre industrie qui conviendrait à nos 
régions de forêt. 

On utilise la laine de bois dans la confection des matelas 
en mélangeant la fibre avec du crin végétal, dans le rembourrage 
des paillasses, des lits militaires. Les couchettes ainsi faites sont 
comfortables et hygiéniques. Le bois usité pour ces fins est le 
hêtre, et, cette laine, du No. 5, est aussi employée pour filtrer et 
clarifier les liquides. 

Les laines No .6 servent comme litière, principalement dans 
les stalles des écuries de ville que l'on désire maintenir sèches, 
inodores, chaudes et dans un état parfait de propreté. Celles qui 
sont les plus fines. Nos. 1 et 2 peuvent remplacer la charpie dans 
les hôpitaux, particulièrement dans les pays chauds. Enfin, la 
fibre brute ou colorée peut être tressée pour confectionner les 
bordures de lisière, des cordages, les liens de gerbes ou de jar- 
dins, des tapis, des paillassons, etc. 

Comme on le voit, dans le commerce, on distingue plusieurs 
qualités de laines basées sur l'épaiseur et la largeur de la fibre. 
La classifièation s'étend du No. 1 pour les plus fines laines, au 
No. 6, pour les plus brutes. 

L'usage des laines de bois est très répandu en Allemagne 
d'où elles originent. Elles tendent beaucoup à se vulgariser en 
France et aux Etats-Unis où elles remplacent avantageusement 
le liège granulé, les sciures, les balles d'avoine, etc. Au Canada, 
elles ont déjà fait leur apparition dans la fabrication des articles 
de literie et de rembourrage. Ici, elles trouveraient un champ 
vaste car nous produisons beaucoup d'articles pour l'exportation 
que nous devons protéger contre les risques d'avaries. Elles au- 
raient aussi un écoulement facile dans notre commerce local dont 
les exigences de la livraison réclament plus de soins qu'autre- 
fois. 

L'installation d'une pareille industrie ne demande que de 
faibles capitaux et une force motrice que des moteurs à gaz pau- 



29 

vre, fonctionnant au bois, peuvent facilement actionner. Elle 
pourrait constituer l'annexe précieuse d'une scierie et premettre 
d'utiliser les rognures, les fausses coupes, en un mot tous les dé- 
bris dont on a tant de peine à se défaire. 

Dans la fabrication de la laine de bois, les essences princi- 
palement utilisées sont l'épinette, le sapin, le pin, le hêtre, le 
peuplier, le tremble, le tilleul. A moins qu'il s'agisse de fabriquer 
des laines grossières, on doit éviter l'emploi des bois verts. Les 
bois doivent être exempts de noeuds. On peut utiliser des bûches 
de petit et de gros diamètre selon l'abondance et le coût de la 
matière première. Chez nous, dans nos riches forêts, on peut y 
aller moins économiquement et produire un article de premier 
choix en donnant la préférence au bois de fort diamètre. 

L'outillage nécessaire à la fabrication de la laine de bois se 
compose: lo. d'une fibreuse; 2o. d'une scie circulaire à balancier; 
3o. d'une presse pour la confection de balles pesant de 50 à 100 
livres; 4o. d'une meule à aiguiser pour les couteaux. Le coût 
d'une machine à simple effet, avec les frais d'installation en 
plus, peut être d'environ $400 à $500. 

Il y a des machines à simple, double, triple et quadruple 
effet. Les premières n'ont qu'un seul couteau enlevant un éclat à 
chaque course de chariot ; les seconds en ont deux faisant deux 
fois plus de besogne. Dans les machines à quadruple effet, il y a 
4 couteaux-rabots; deux travaillant à l'aller, les deux autres au 
retour. Avec les dernières machines, on peut travailler simultané- 
ment quatre morceaux de bois. Un seul ouvrier peut surveiller 
de deux à quatre machines-outils. 

La laine est mise en balle au fur et à mesure qu'elle sort 
des machines et est alors prête pour le marché. Nous ne saurions 
dire exactement aujourd'hui combien elle vaut dans la consom- 
mation parce qu'elle est d'usage multiple comme on a pu le voir 
précédemment. Dans la confection des matelas et dans le rem- 
bourrage on paie, à Montréal, un cent et demi la livre en balle du 
poids de 50 à 100 livres. Le marché, nous dit-on, pour cette caté- 
gorie de laine est très vaste, la production est de beaucoup infé- 
rieure à la demande. Les laines fines n'auraient pas moins d'avan- 
tage si l'on habituait le commerce à en faire usage. Faut espérer 
qu'il se trouvera au sein même de nos forêts, pour tenter une in- 
dustrie de ce genre et en faire un succès, des hommes entrepre- 
nants, qui, tout en y trouvant leur profit, donneront l'exemple à 
d'autres, comme la carbonisation du bois, cette industrie devra 
contribuer à faire la fortune et le bonheur de nos défricheurs. 



30 
LE CHARBON DE BOIS ET SON EMPLOI UNIVERSEL. 

Comme moyen de favoriser la colonisation, ne serait-il pas 
aussi à propos de revenir à d'anciennes industries qui ont vu de 
beaux jours dans nos forêts? Mentionnons, entre autres, celle de 
la fabrication du charbon de bois. Cette industrie n'est pas nou- 
velle chez nous, elle n'est donc pas à créer, mais elle est à re- 
lever. Si nous tenons compte du développement considérable du 
pays et la mise en valeur de ses ressources multiples, la faire re- 
naître et lui donner la vigueur nécessaire, c'est assurer son suc- 
cès et répondre à un besoin qui se fait sentir.- 

Autrefois, on faisait du charbon de bois en maints endroits 
dans la province de Québec, surtout le long du St-Maurice. Aux 
Grandes Piles, on trouve encore des vestiges de cette industrie. 
Plusieurs meules ou fourneaux de carbonisation, à l'état de par- 
faite conservation, nous en disent assez des services qu'elle a 
rendus à la métallurgie. Les forges Radner, dont l'existence est 
de date assez ancienne, puisaient à ces fourneaux, le calorique 
dont elles avaient besoin pour la réduction de leur minerai. A 
l'heure présente, les besoins domestiques et ceux de l'industrie 
en général ne peuvent presque se passer de cette source d'éner- 
gie, le gaz et l'électricité ayant à peu près pris la place, mais 
cette transformation n'empêchera pas les grands et les petits 
industriels de recourir avant peu à l'emploi du charbon de bois 
comme étant plus économique et fournissant les moyens de pro- 
duire à petits frais et faire avantageusement face à la concur- 
rence fiévreuse actuelle du marché. 

Comme on le sait, le charbon de bois est le résidu de la com- 
bustion incomplète du bois en vase clos. Il est plus léger que le 
bois dont il provient, moins encombrant, plus facile à transpor- 
ter, et doué d'une plus forte puissance calorifique, son pouvoir 
rayonnant est tel qu'il est impossible de l'utiliser dans les foyers 
à tirage actif comme ceux des locomotives qu'il détériore trop 
rapidement. 

On emploie le charbon de bois dans les petits foyers, pour 
les usages domestiques, mais de moins en moins à cause de la 
concurrence du gaz. 

On s'en sert aussi dans les forges et verreries pour obte 
nir des températures très élevées, avec des petites masses ^ de 
combustion. En présence du bon marché de ce combustible, le 
jour viendra où les fondeurs auront intérêt à faire appel de nou- 
veau à son concours, car c'est avec lui que l'on parvient à pro- 
duire des aciers de qualité absolument exceptionnelle. 

La poussière de charbon de bois trouve son utilité dans la 
briqueterie où son action a pour effet de donner de la dureté 



31 

et de la résistance à la fabrique. Il sert aussi comme isolant pour 
protéger contre le refroidissement des vases à liquide et les tuy- 
aux de vapeur comme absorbant des gaz et de leurs odeurs, dans 
le filtrage des eaux, d'aérage des parties malsaines des navires, 
le filtrage des vins, des sirops, le raffinage des sucres, etc., etc. 

Ainsi on peut le voir, le charbon de bois, dont l'usage mul- 
tiple se répand en raison des besoins de l'industrie et du déve- 
loppement économique du siècle actuel, devra, avant logtemps, 
transformer nos centres de colonisation en foyers de carbonisa- 
tion. Il n 'est pas à croire, pour cela, que nos défricheurs doivent 
y donner tout leur temps, certes non. Cette industrie s'exercera 
à des époques propices de l'année, comme moyen de tirer parti 
des déchets de la forêt et des défrichements, et laissera pour les 
travaux du sol tout le temps nécessaire. 

Plusieurs procédés sont en usage pour la carbonisation du 
bois, mais, le plus recommandable est celui des meules ayant la 
forme d'une cloche, c'est-à-dire allant rétrécissant de la base au 
sommet et pouvant contenir de 4 à 7 cordes de bois. On fait 
usage de bois feuillus et de résineux. Le temps requis pour la 
cuisson est de 30 à 36 heures et l'époque de l'année qui se prête 
le mieux à la carbonisation est d'avril à septembre. 

Nous ne sommes pas encore prêt à dire quel serait, pour nos 
colons, le coût de revient de cette carbonisation faite chez eux 
en forêt, ni celui de vente, car il y a aussi à déduire les frais de 
transport aux lieux de consommation. Mais, nous n'hésitons pas 
à ajouter que cette industrie serait d'un appoint important à 
la colonisation. 

En France, le charbon de bois vaut de $2 à $2.25 le quintal. 
Ici le sac que nous vendent les épiciers au prix de 10 cents, est 
du poids maigre de 10 livres. Ce nous semble bon marché, mais 
après tout, c'est bien payé. L'usage s'en est tellement répandu 
en ces derniers temps, dans nos villes, qu'il est devenu quasi 
indispensable dans les familles pour l'alumage des poêles et des 
fournaises, dans les établissements de ccature pour communi- 
quer au fer le calorique requis. Le fer actionné par courant 
électrique d'invention récente, a bien des inconvénients, aussi 
les couturiers de renom et les blanchisseurs de marque, lui pré- 
fèrent le procédé du charbon de bois. 

Ainsi, le marché du charbon de bois a tellement de tendance 
à se développer que nos défricheurs n'ont pas à hésiter à installer 
chez eux des fournaux de carbonisation dont la construction ne 
leur coûtera que leur temps, ayant autour d'eux tous les maté- 
riaux nécessaires ; bois, broussailes, mousses, feuilles, sèches, fou- 
gères, etc. Toutes les chances de succès sont pour eux. 



32 
PROCEDE DE LA FABRICATION DU CHARBON DE BOIS 

L'emplacement des meules ou fournaux doit être bien choisi. 
Il requiert un terrain uni, sec, riche en humus, à l'abri de Vhxi- 
midité et du vent dans des lieux facilement accessibles aux voi- 
tures. Son diamètre doit être supérieur d'au moins six pieds à 
celui de la base de la meule. On l'entoure d'un fossé, on enlève 
le gazon et on l'aplanit en lui donnant une pente légèrement 
convexe. On répand ensuite sur cette sole une couche de terre 
pulvérulente et du frasil ou cendre de houille. 

Les assises de la meule terminées, on dresse celle-ci en com- 
mençant par la cheminée que l'on forme de trois ou quatre pieux 
de hauteur égale à celle de la meule et légèrement espacés. Entre 
ces pieux, on met des broaissailles bien sèches, puis on entasse 
autour d'eux la charbonnette ou bois destiné à la carbonisation. 

Le bois employé doit être de longueur égale, sain, droit, 
dégagé de ses rameaux et de ses brindilles verticales et la char- 
bonnette doit être légèrement inclinée depuis la cheminée jus- 
qu'aux parois extérieurs. Sur le premier lit formé presque 
exclusivement de menu bois, on en dispose un second, puis un 
troisième, en réservant toujours les grosses bûches pour les lits 
supérieurs. On remplit les interstices des grosses bûches avec 
du trécage de façon à avoir une masse bien serrée. Puis, on ter- 
mine la meule en lui donnant une forme conique avec une échan- 
crure au centre. 

. Une fois dressée, la meule est revêtue d'une double couver- 
ture, la première d'un pouce ou deux d'épaisseur, se composant 
de mousse, feuilles sèches, aiguilles de sapin, fougères, roseaux, 
etc., suivant ce que l'on a sous la main; la seconde, un peu 
moins épaisse, est formée de terreau ou d'un mélange d'argile 
ou de frasil, que l'on humecte et que l'on bât à la pelle. 

On procède ensuite à l'allumage en introduisant par le haut 
de la cheminée des broussailles enflammées ou du charbon de 
bois incandescent. Dès que le feu est bien pris, on ferme la che- 
minée au moyen d'une motte de gazon renversée. 

Grâce aux brindilles, le feu descend dans la cheminée et se com- 
munique jusqu'à la base de la meule. On active la combustion 
en ouvrant une série de trous disposés en cercle horizontal, à 
la partie supérieure du fourneau. 

La cuisson est plus ou moins rapide, suivant l'importance 
de la meule et l'habilité de l'ouvrier. Pour de petites meules de 
7 à 8 cordes, on met, en automne, le feu vers onze heures ou midi, 
on tient en petit feu 6 heures et en grand feu toute la nuit. En 
été, on allume vers 2 ou 3 heures de l'après-midi, pour que la 
fraicheur du soir et de la nuit puisse modérer le grand feu. Au 



33 

bout de 36 heures, on peut arrêter le fourneau pour laisser mi- 
tonner de 4 à 6 heures le charbon sous la couverture avant de 
défourner. 

Dans le grand feu, on se rend compte du travail de carboni- 
sation à l'aspect des fumées qui se dégagent par les trous. Tant 
que la fumée est blanche et humide, le bois brûle et destile, mais 
quand elle devient claire, transparente, légèrement bleuâtre et 
qu'elle s'élèvp dans l'air, la carbonisation est terminée sur ce 
point. On ferme les trous ou évents supérieurs et on en ouvre 
d'autres plus bas. On procède ainsi jusqu'au bas de la meule. 

La cuisson réclame une surveillance assidue afin qu'à l'in- 
térieur du fourneau, le feu se propage lentement, régulièrement 
et que la combustion ne se localise pas sur un point, ce qui arrive 
quand il y a des vides dans la masse. Les bois se rétrécissent en 
se carbonisant et la meule s'affaisse continuellement; il faut 
alors sans cesse réparer et entretenir la couverture avec du ga- 
zon et de la terre, au fur et à mesure qu'il se forme des cravasses 
ou des fissures, si la meule se tasse irrégulièrement, il faut bou- 
cher les évents situés du coté où le tassement se fait, puis décaper 
la couverture et augmenter le nombre des trous d'aérage du 
côté opposé. Par des temps secs, il faut arroser la couverture 
extérieure. 

La carbonisation achevée, on procède au défournement. On 
bouche tous les évents, on augmente l'épaisseur de la couverture 
et on laisse refroidir pendant quelques jours. Puis on ouvre la 
meule de nuit et on enlevée le charbon circulairement par rangée 
ou assise. Le charbon de la deuxième assise est toujours le meil- 
leur. Une fois le charbon sorti et trié, il est im^médiatement mis 
en sacs soustrait à l'humidité et à la pluie et prêt pour le marché. 

Comme on le voit, l'exercice de cette industrie est fort 
simple, ne demande pas d'aptitudes spéciales et de connaissan- 
ces bien étendues, de la bonne volonté suffit, et avec l'assurance 
qu'elle peut donner de bons revenus. 

LES BOIS D'ECLISSES ET DE VANNERIE 

Les bois d'éclisses et de vannerie, dont on fabrique des cor- 
beilles et des paniers de tous genres et de toutes dimensions depuis 
les nasses grossières jusqu'aux plus fins articles de luxe, méritent 
une attention spéciale. Nos sauvages de la province de Québec, 
sont passés maîtres dans cette espèce d'industrie. On emploie 
dans la fabrication de ces éclisses pour ces objets, des bois de 
saule à fente facile que l'on colore et auxquels on ajoute, pour 
leur donner de l'attrait, des plantes odoriférantes. 

En général, les osiers sont utilisés à l'état écorcé fendus. 



34 

L'écorçage se pratique aussitôt après la coupe. Si cette dernière 
se fait en hiver, on réunit les brins en grosses bottes que l'on 
met tremper dans l'eau courante en attendant le printemps. On 
peut encore écorcer en dehors du temps de sève, en plongeant les 
brins soit dans un bain de vapeur, soit séchés à l'air ou au soleil; 
pour éviter qu'ils deviennent cassants, on les plonge dans l'eau 
un peu avant de les travailler. On leur rend ainsi leur souplesse 
et leur flexibilité primitives. La fente des osiers se fait au moyen 
de couteaux particuliers. 

Les osiers se cultivent comme toutes autres plantes, nous 
en parlerons plus tard. En attendant, nous nous contenterons 
d'insister sur l 'opportunité d'introduire, dans nos régions de 
montagnes, la fabrication des articles de vannerie pour lesquels 
il y a au Canada un marché considérable. Nous importons à peu 
près tout ce que nous consommons en ce genre. 

L'Allemagne et les Etats-Unis sont nos deux principaux 
pourvoyeurs, tandis que nous pourrions produire tout ce dont 
nous avons besoin. La vannerie qui ne requiert l'intervention 
de la mécanique, est plutôt une industrie domestique dont béné- 
ficierait beaucoup la famille du colon. 

NOS FORETS, LES OSIERS ET LEUR CULTURE 

Nous trouvons dans nos forêts beaucoup de bois de fente, 
qui pourraient suffire aux débuts de l'industrie de la vannerie 
si nos défricheurs voulaient occuper leur temps de loisir à ce 
travail, mais pour répondre à la demande qui pourrait nécessai- 
rement s'accentuer, il faudrait en venir à la culture de l'osier. 
La matière première serait alors plus abondante, plus appro- 
priée et plus en rapport avec les besoins de la consommation. 
Nous n'avons pas d'idée de l'extension que peut prendre au 
Canada, la fabrication des articles de vannerie. On fait peu 
usage ici de ces choses, d'abord parce qu'on n'y est pas assez 
habitué, puis, ces objets indispensables à la vie, dans les autres 
pays, ne sont pas assez répandus chez nous pour imposer leur 
utilité. 

Prenons entre autre le panier de structure grossière qui 
trouverait sa place partout; dans les usages domestiques, chez 
les épiciers, à la livraison du combustible, l'agriculture l'emploie- 
rait à maints travaux. Enfin, on ne sait à quoi on pourrait le faire 
servir, tant il remplacerait avantageusement le sac de toile et -de 
papier, sujet à tant d'inconvénients. . 

Ce sont nos colons qui sont les mieux en position de tenter 
l'industrie de la vannerie et la culture de l'osier ou du saule 
nain ; cette culture est très répandue en Europe et fort lucrative. 



35 

On distingue trois sortes d'osiers: lo. L'osier rouge qui a les 
rameaux les plus pliants, mais par contre, les moins gros et les 
moins longs. On l'emploie surtout pour la vannerie fine. Il 
pousse de préférence dans les terrains frais et légers, mais pour 
certaines raisons, il vaut mieux le planter dans les terrains secs 
et argileux; 2o. L'osier jaune dont les rameaux sont plus longs, 
plus gros, mais un peu moins flexibles que ceux du précédent. 
Il est généralement employé pour la vannerie commune, et c'est 
celui que l'on cultive le plus fréquemment. Il demande un ter- 
rain frais mais non aquatique. Il vient bien surtout dans les 
terres fortes qui retiennent l'eau pendant l'hiver et qui sont des- 
séchées en été. Il végète encore passablement dans les terres 
légères rendues humides par le voisinage de l'eau. 3o. L'osier 
blanc dont les rameaux atteignent quelquefois la longueur de 
9 à 12 pieds et la grosseur du doigt, mais ce sont les moins flexi- 
bles. On les emploie pour les plus gros ouvrages de vannerie, les 
bannes, les carcasses et les anses de grands paniers. On peut le 
cultiver dans tous les sols profonds, fertiles et humides, mais 
principalement sur le bord des rivières, dans les terres d'allu- 
vion où il profite mieux que partout ailleurs. L'osier rouge se 
plante surtout isolé; l'osier blanc est disposé le long des cours 
d'eaux où il subsiste pendant très longtemps; l'osier jaune forme 
la plupart du temps, de grands massifs. 

Les osiers se cultivent donc et on appelle "oseraie" les ter- 
rains affectés à la culture des osiers. Ce sont d'ordinaire des ter- 
res basses, comme nous l'avons dit plus haut, fraîches, argileuses 
ou d'alluvion. On peut aussi utiliser des terres vagues, maréca- 
geuses et improductives, et en retirer un assez bon revenu, sur- 
tout au voisinage des grandes villes ou des grands centres de 
consommation. 

Le terrain doit être labouré l'automne et hersé le printemps 
avant d'y déposer les plants qu'il ne faut pas trop serrer les uns 
contre les autres, cependant, ils doivent être assez rapprochés 
pour produire des brins minces, longs, flexibles et non rameux. 

On procède à la plantation avec des boutures prises sur les 
plus beaux brins d'osier; que l'on coupe au moment même de la 
plantation. On enfonce les boutures par le gros bout à la main. 
On ne doit commencer à faire la récolte de l'osier que la deux- 
ième année et ce n'est que vers la sixième année qu'une oseraie 
donne les produits les plus beaux et les plus abondants. Une 
oseraie bien soignée peut durer vingt à trente ans, si on lui donne 
tous les ans un labour et que la coupe des brins est bien conduite. 

Nous n'avons pas la prétention d'amener tous nos défri- 
cheurs à faire de la vannerie, mais, dans chaque région, il y a 
amplement place à l'installation d'une industrie de ce genre 



36 

qui pourrait s'approvisionner de matière chez ces derniers, de 
là, raison de plus d'introduire la culture de l'osier dans nos 
régions de forêts où elle peut être profitable à l'avancement de 
la colonisation. 

Le marché des articles de vannerie est considérable aux 
Etats-Unis et pourquoi ne le deviendrait-il pas au Canada où les 
besoins de la consommation sont aussi apparents si nous pou- 
vons en juger par l'importation énorme que nous faisons de ces 
marchandises. Mettons-nous à l'oeuvre, invitons s'il le faut, des 
spécialistes étrangers à venir tenter la culture de l'osier dans 
nos forêts, à ouvrir des établissements de vannerie. Nos colons 
auront vite appris les secrets de cette industrie pour en tirer de 
bons revenus. Rien ne nous empêche de croire qu'ils pourraient 
en farre un succès aussi grand que celui qui a couronné les ten- 
tatives de culture de tabac dans certaines contrées de la pro- 
vince de Québec. 

FABRICATION DE LA CORDE DE FIBRE 

La fabrication de la corde de fibre est une autre industrie 
qui peut être avantageusement introduite dans nos régions de 
colonisation. Cette corde est déjà connue dans le commerce mais 
l'usage pourrait en être beaucoup répandu à cause de sa résis- 
tance et de sa durée lorsqu'elle est au préalable passée par un 
bain de goudron chaud. 

On utilise pour cette fin surtout les laines de sapin ayant 
de 16 à 20 pouces de longueur. Les cordes, câbles ou fils de cou- 
verture que l'on en retire sont confectionnés mécaniquement. 
On en fait des rideaux, des nattes, des paillassons, des tapis. En 
Angleterre, on fabrique également des tapis en bois avec des 
rubans larges d'un pouce et provenant de bois durs, noyer, chêne, 
etc. Ces rubans sont réunis entre eux avec un fil de fer. 

La fabrication de la corde et du câble est du domaine de la 
sparterie, dont les produits les plus fins en fibres de bois sont 
tissés au métier et donnent des formes de chapeaux et de cas- 
quettes, des porte-bouteilles, des étuis à cigares, des nattes de 
tables, etc. 

Le tremble sert aussi à la confection de ces articles. On le 
découpe en morceaux de douze pouces de longueur que l'ou 
écorce et que l'on décoeure, en ayant soin d'écarter les tiges 
dont la fibre n'est pas bien droite. Il faut mettre tremper dans 
l'eau avant de défibrer. 

La machine à fabriquer la corde de fibre est très simple, 
coûte peu cher et peut s'installer partout, même dans la plus pe- 
tite pièce du hameau ouvrier. Cette industrie serait d'un nouvel 



37 

à la mise en valeur de sa ferme et à passer les jours difficiles 
des débuts. Cet article trouverait un marché payant chez nos 
armateurs, et dans l'usage domestique. Nous importons ces 
choses comme tant d'autres, dont nous ignorons la fabrication, 
mais dont nous reconnaissons l'indispensable utilité, 
appoint pour le défricheur et pourrait contribuer grassement 

LES RESINES ET LES PLANTES MEDECINALES 

A part les travaux de la coupe du bois pendant la saison 
d'hiver, nos défricheurs ont peu à gagner, cependant s'ils vou- 
laient regarder autour d'eux, ils trouveraient que les sources 
d'exploitation profitable ne manquent pas. 

Maintes petites industries auxquelles pourrait s'occuper 
toute la famille donneraient de bons revenus. Prenons d'abord 
la cueillette des gommes et des résines pour les fins pharmaceu- 
tiques. La gomme du sapin se vend de 25 à 35 cents la livre et 
celle de l'épinette rouge, de 50 à 75 cents. De la nouvelle lune 
au décours, le sapin se couvre de vessies ou ampoules de gomme 
liquide que l'on recueille en les crevant. On peut aussi entailler 
comme on fait des érables. Un sapin de moyenne taille donne 
de 12 à 16 livres par saison. Les enfants peuvent très bien s'ac- 
quitter de ce travail. 

La cueillette de la gomme d'épinette se fait en entaillant 
l'arbre ou en détachant les clairons adhérants à l'écorce le long 
des fissures. Pour la récolte de la résine d'épinette, en procédant 
par entaille, on perce avec une mèche l'écorce de l'arbre jusqu'au 
bois à plusieurs endroits en suivant la circonférence, puis, on y 
suspend un vase pour recevoir la gomme. L'épinette produit au- 
tant que le sapin et même davantage. 

Nos forêts abondent en plantes médecinales recherchées pour 
la fabrication des drogues et très souvent utilisées à l'état naturel 
ou en infusion. Leur valeur marchande mérite certes que l'on 
s'en occupe. Vous avez d'abord la racine de savoyenne universelle- 
ment connue pour ses vertus curatives. On y attache peu d'im- 
portance dans nos campagnes, mais rien empêche qu'elle se dé- 
taille dans nos pharmacies au prix de 40 à 50 cents la livre, et 
presque aussi cher sur les marchés publics de nos villes. 

Cette plante est très commune dans les bois un peu sablon- 
neux et frais. Sa racine cueillie, on la fait sécher à l'ombre, en 
ayant soin de ne pas la laisser chauffer. Une fois bien sèche, on 
peut l'envoyer par poste au pharmacien avec lequel on a au 
préalable des conditions de livraison. 

Le bois d'orme a aussi une grande valeur médicinale. Tous 
nos pharmaciens en font le commerce, seulement, ses qualités 



38 

curatives ne sont pas assez connues du public. Ce n'est que lors- 
que nos médecins le prescrivent qu'il entre en usage. 

Dans nos campagnes et surtout dans nos régions de colonisa- 
tion, où les médecins sont rares, on l'applique avec succès pour 
le traitement des inflammations épidermiques et des plaies. Le 
bois d'orme se cueille à l'époque de la montée de la sève et com- 
prend la partie adhérant à l'écorce que l'on appelle l'aubier. 
On l'enlève par couches minces dans le sens longitudinal de 
l'arbre. Il vaut alors autant que la racine de savoyenne et sa 
vente est facile. 

L'exploitation des conifères pour la production des résines, 
constitue en Europe et aux Etats-Unis une industrie qui est le 
partage de l'habitant de la forêt et assure à celui-ci, et à des 
époques fixes, une occupation lucrative, valant pour lui beaucoup 
plus que la saison des chantiers chez nous. L'opération du gem- 
mage ou de l'entaille pour l'écoulement de la résine, a lieu du 
1er mars au 15 octobre de chaque année. Suivant les travaux de 
distillation auxquels on emploie, à part les chimistes, un person- 
nel d'ouvriers assez considérable. Parmi les produits découlant 
de la distillation, il importe de mentionner l'essence de térében- 
line, d'un usage universel et dont la valeur marchande est bien 
connue. Un ouvrier, à la taille de ses résineux peut, pendant la 
période de végétation se faire un salaire de deux à trois cents 
dollars. Pour ce, sa récolte de résine atteindra 25 à 30 barriques 
de trois cents quarante livres. 

Nous ne saurions songer, pour le moment, à créer une pa- 
reille source de revenus, car la forêt où se développent nos 
groupes de population, est tout à fait veuve de conif ère, la hache 
dévastatrice de nos concessionnaires de limites à bois a tout fait 
disparaître. 

L'OSIER, SA CULTURE ET SON UTILITE 

Informations prises auprès de particuliers en vue et do 
maisons de commerce importantes de Montréal, il résulte que le 
peu d'articles de vannerie qu'on écoule dans la province de Qué- 
bec vient de l'étranger, en particulier, d'Allemagne et des Etats- 
Unis. La province d'Ontario en fournit une faible part et celle de 
Québec à peu près rien. Cependant, de l'avis de tous, le marché 
pour ce genre de produits serait énorme, si l'on s'appliquait à 
l 'alimenter. 

Les quincailliers et les potiers du marché Bonsecours, à 
Montréal, qui font du débit d'articles de vannerie, s'approvi- 
sionnent particulièrement dans le voisinage de Montréal, chez 
les sauvages de Caughnawaga, dans les paroisses de Laprairie, 



39 

de Lanoraie, de Saint-Joseph de Sorel et autres de la rive sud 
du St-Laurent. Partout là, l'osier croit à l'état sauvage, mais 
en quantité si peu suffisante que les débitants sont tenus de 
donner leurs commandes un an ou deux à l'avance pour faire 
face aux besoins de consommation. On peut conclure de là l'im- 
portance que prendrait ici une culture raisonnée de l'osier. 

L'industrie de la vannerie devrait être telle que l'on puisse 
voir ses produits dans toutes les maisons à rayons, chez les 
marchands de bibelots, à la devanture de l'épicier, chez le quin- 
caillier, etc., enfin, partout où ils pourraient trouver de l'écoule- 
ment. On leur ferait une large place à l'étalage, de façon qu'ils 
entrent en liste avec les articles les plus recherchés; ainsi mis 
à l'affiche, ils capteraient l'oeil du consommateur et devien- 
draient bientôt une marchandise indispensable. 

Nous avons déjà donné les grandes lignes de culture de l'o- 
sier et du choix du sol qu'il requiert. Nous entrons maintenant 
dans plus de détails. Une fois le terrain bien préparé, on procède 
comme suit à la plantation: L'espacement à laisser entre les 
plans varie suivant la nature du terrain. Il doit être d'autant 
moindre que le sol est plus sec. En général, et toutes choses 
égales, d'ailleurs, il y a avantage à serrer les plants, pour les forcer 
à émettre des jets minces, longs, flexibles et non rameux. Il ne 
faudrait pas cependant les rapprocher de manière que leurs ra- 
cines puissent se nuire mutuellement. On pourra toujours d'ail- 
leurs, si l'on s'aperçoit plus tard qu'on a planté trop serré, éclair- 
cir la plantation. 

Celle-ci doit dans tous les cas, être disposée régulièrement 
à l'aide de piquets et de cordeaux. On prend les boutures sur 
les plus beaux brins d'osier, que l'on coupe au moment même de 
la plantation, en commençant par le bas, en tronçons d'environ 
deux pouces de longueur,, sur un demi pouce de tour. Il reste 
des somités de brins appelées ''guénées", qu'on met à part. 
Quand le sol a été bien préparé, la plantation est facile; il suffit 
d'enfoncer des billes (boutures) par le gros bout , soit avec la 
main soit avec une batte, obliquement et de telle sorte que l'oeil 
de chaque plant donne son rejet dans la direction ascendante. 
Les guénées sont plantées séparément. Environ un mois après 
la plantation, on donne un sarclage à la houe;, quelquefois on 
répand alors sur le sol de la graine de carotte ; on a ainsi le dou- 
ble avantage d'empêcher la croissance des mauvaises herbes et 
d'obtenir une culture dérobée de racines. Au bout d'une année, 
on remplace les plants qui ont manqué. 

Plus tard, on donne tous les ans, deux sarclages en juin et 
août. Après chaque série de deux ou trois récoltes, on cure les fos- 
sés et on recharge les oseraies afin de donner aux souches un 



40 

engrais et une assiette plus solide. A défaut, on peut y amener 
des terres neuves surtout des terres d'alluvion. Il est à peine 
besoin de dire que l'entrée des oseraies doit être interdite aux bes- 
tiaux. 

On irrigue quand on le peut depuis avril jusqu'à juin de 
préférence avec les eaux pluviales. Il est bon de ne pas couper 
les osiers l'année même de la plantation afin de laisser aux sou- 
ches les moyens de bien s'affermir dans le sol. Dès la seconde 
année, on peut et on doit même faire la récolte, la troisième an- 
née on obtiendra un plus grand produit qui, augmentera ensuite 
tous les ans. C'est en général vers la sixième année qu'une 
oseraie donne les produits les plus beaux et les plus abondants. 
Une oseraie bien soignée peut durer de 20 à 30 ans si on lui don- 
ne tous les automnes, un bon labour. Mais comme elle épuise le 
sol et que ces dernières productions sont très faibles, il vaut 
mieux la détruire vers l'âge de 12 à 15 ans, suivant la nature du 
sol et l'espèce d'osier que l'on cultive. 

C 'est vers la fin de l 'hiver que le bois des osiers a pris toute 
la consistance dont il est susceptible, c'est alors qu'il convient 
de les couper. On commence vers le quinze d'avril quand les 
osiers sont destinés à Ja grosse vannerie et quelques semaines 
plus tard quand ils doivent être pelés pour servir à la vannerie fine 
On se sert d'une forte serpette. Pour faciliter l'évolution des 
nouvelles pousses, on coupe sur le jeune bois, mais à la distance 
de Vt de pouce au plus du vieux. Il en résulte que les souches 
s'élèvent un peu chaque année, mais le mal est ainsi moins grand 
que si l'on coupait sur le vieux bois. 

Dès que les brins sont coupés, il faut les débarrasser avec une 
serpette bien tranchante de toute les brindilles latérales qu'ils 
peuvent porter et qui diminueraient leur valeur. Ces brindilles 
quand elles sont assez longues peuvent être utilisées pour le po- 
lissage ou autre emploi. On trie ensuite les brins et on les met 
en bottes; la grosseur et la forme varient suivant les localités 
et les conditions faites avec les marchands qui les achètent pres- 
que toujours sur pied. Dans tous les cas, on a soin de serrer for- 
tement les bottes, afin de redresser les brins qui sont courbés et 
on les empile dans un endroit. 

A ceux qui voudraient créer une pépinière d'osier dans le 
but de faire de la vannerie, prière de s'adresser pour l'achat des 
graines d'osier, à MM. Barial, propriétaire. Station Horticole 
d'acclimatation, à Bondy, Seine, France. 



41 
LA PISCICULTURE POUR LE COLON 

C'est un fait bien établi que la région du nord de Montréal, 
qu'arrosent les rivières Rouge, du Lièvre, Kiamika, etc., est semée 
de lacs et sillonnée de ruisseaux poissonneux, et cependant, nous 
avons maintes fois nous-même fait la constation qu'il est difficile 
au voyageur dans les hôtelleries, chez les particuliers ,de se 
régaler d'un bon repas de poisson. Il n'y en a absolument pas à 
table, ni comme plat de résistance ni comme entremet bien qu'on 
n'aurait qu'à aller le chercher à la rivière du voisinage. La même 
indifférence se manifeste dans les autres régions de colonisation 
de la province de Québec. 

De là l'étendue considérable de territoire à bail depuis quel- 
ques années. Les amateurs ont compris qu'il valait mieux se 
mettre chez eux. Les clubs de pêche et de chasse pullulent et les 
eaux si fécondes des Laurentides semblent être le partage unique 
des sportsmen et des touristes. On n 'a pas tort, car nos poissons, 
vivant dans nos lacs si limpides, sont les plus délicieux du pays. 
La Providence a richement doué la région LaBelle sous ce rap- 
port; nous y trouvons en abondance tous les poissons les plus 
recherchés des gourmets : la truite saumonée, le brochet, la car- 
pe, la perche, etc. 

Ce qui est si bon pour les touristes ne serait-il pas d'une 
certaine valeur pour nos colons et leur nombreuse famille ? 
Le poisson est un aliment sain et nutritif. Comme il n'en coûte 
que le trouble d'aller le puiser au lac ou au ruisseau du voisina- 
ge, il devrait se trouver sur la table de tous nos défricheurs. Il 
tiendrait avantageusement la place des comestibles coûteux, tels 
que le porc, le boeuf, les oeufs, etc., hors de prix pour les petites 
bourses et l'humble habitant de nos forêts à qui le stricte néces- 
saire fait souvent défaut. 

Le colon peut pêcher partout et faire des approvisionnements 
pour sa subsistance et celle de sa famille sauf dans les eaux sous 
location et les articles de la loi ayant trait à ce privilège se 
résume ainsi : Le lieutenant-gouverneur en conseil doit réserver, 
dans chaque nouveau canton, un ou plusieurs lacs, ou rivières, 
dans lesquels les personnes qui résident dans ces cantons, peu- 
vent pêcher librement pour leur subsistance et celle de leurs fa- 
milles seulement, en se conformant aux lois en vigueur à ce sujet, 
et cette réserve continue d'exister jusqu'à ce que les terres avoi- 
sinant ces lacs ou rivières soient vendues. 

Il faut remarquer que cette clause de la loi n'autorise pas 
la pêche en temps prohibé, c'est bien clair. On ne peut non plus, 
sans être passible d'amende ou d'emprisonnement, pêcher dans 
les eaux en front d'un terrain sous bail dont le locataire est un 



42 

club ou un particulier. Les colons font erreur lorsqu'ils pensent 
le contraire et s'obstinent à empiéter sur les territoires à bail ou 
vendus. 

Les lacs, les rivières, les ruisseaux, etc., dans nos régions de 
colonisation, sont si nombreux qu'il y en a suivant un dicton com- 
munément répandu ici, ])Our chaque habitant, et, le très grand 
nombre est libre. Tout le monde peut y pêcher pour sa consom- 
mation. Ces eaux peuvent être peu ou point poissonneuses, mais 
toutes sont suceptibles de l'être ou de le devenir. Ici s'impose la 
diffusion de certaines connaissances en pisciculture tendant au 
peuplement et à l'entretien des espèces que nous nous efforcerons 
d'exposer le plus brièvement et le plus clairement possible. 

Peupler les eaux, favoriser la multiplication et écarter les 
causes de la destruction du poisson, voilà les principes fonda- 
mentaux de la pisciculture qu'il importe au colon et à l'habitant 
de nos forêts de connaître et de mettre à profit. 

On peuple les eaux en y déposant des alvins ou petits pois- 
sons fraîchement éclos. Ces alvins on peut les puiser dans d'au- 
tres eaux, dans les jours suivant l'éclosion des oeufs, ou bien 
encore au ministère de l'agriculture, à Ottav^a. L'envoi en est 
absolument gratuit pour qui en fait la demande en désignant 
l'espèce que l'on désire. 

Les oeufs, comme les alvins et les eaux, doivent être l'objet 
d'une surveillance constante. Il faut se garder de pêcher pen- 
dant la fraie; éloigner les causes qui peuvent troubler l'eau, la 
contaminer, en en effrayer le poisson jusqu'au moment où les 
alvins seront en état de fuir ou de se protéger. 

Ce temps est de cinq ou six semaines pour les poissons d'hi- 
ver et d'une ou deux semaines pour les autres. 

Parmi les causes de destruction du poisson, sont les insectes, 
certains oiseaux, certains poissons qui sont très avides des oeufs; 
les alvins à peine éclos sont recherchés par les rats d'eau, les 
canards, etc., une fois adulte, le poisson est la victime de la loutre, 
du chat, et de l'oiseau de proie. C'est tout d'abord ici que doit 
commencer le travail du pisciculteur ou du colon. - 

LA FRAIE ET LES FRAYERES POUR LA REPRODUCTION 

DU POISSON 

Le temps de la fraie, où le poisson vient en nombre, en des 
endroits déterminés, déposer ses oeufs, devra être connu du pis- 
ciculteur. Ces époques varient avec les espèces de poisson. Ain- 
si, d'octobre à janvier pour le saumon et la truite; de février à 
mars pour le brochet; d'avril à juin pour la perche et de juin à 
août pour la carpe. 



43 

- Les frayères ou points où les oeufs sont déposés, sont de 
deux sortes : les frayères naturelles et les frayères artificielles. 
Dans le cas des premières, il n'y a qu'à laisser faire la nature et 
à exercer la surveillance nécessaire pour que le développement 
des espèces ne soit pas compromis par les causes de destruction 
précédemment indiquées. Les frayères artificielles s'imposent 
lorsque les frayères naturelles ont été détruites ou détériorées 
au point de ruiner les espérances du pisciculteur. 

Pour cela, il faut connaître les moeurs des poissons auxquels 
on destine ces frayères artificielles. Les femelles des poissons 
d'hiver, saumons et truites, au moment de la fraie, frottent leur 
ventre sur les lits de gravier et y tracent des sillons dans lesquels 
elles déposent leurs oeufs que les mâles fécondent en y déposant 
leur laitance et qu'ils recouvrent ensuite de graviers. C'est dans 
les eaux vives et froides que s'opère cette fécondation. 

Les frayères artificielles destinées aux poissons de cette 
espèce devront se faire dans un cours d'eau vive, en un point où 
le courant n'est pas très fort, et dont le fond n'est ni vaseux ni 
couvert d'herbe. On y étendra une couche de petits cailloux 
roulés et de gravier d'une couple de pouces d'épaisseur. Là 
viendront frayer les saumons et les truites. Pour les poissons 
qui frayent en été et qui attachent leurs oeufs aux herbes et aux 
racines, on formera, avec des lattes, des espèces de clayonnages 
composés de joncs et de menus bois que l'on place à des petites 
profondeurs sur des plages en pente douce, dans d-es eaux tran- 
quilles et bien exposées au soleil. C'est ainsi que l'on encouragera 
la production du poisson et que l'on assurera son existence. 

On peut encore, pour peupler le lac, la rivière, le ruisseau ou 
le petit étang de son voisinage, recourir à la reproduction arti- 
ficielle qtii constitue la pisciculture proprement dite. Pour cette 
fin, l'on fait choix de deux beaux reproducteurs, mâle et femel- 
le, et l'on procède comme suit pourvu que les oeufs chez la fe- 
melle soient à l'époque de maturité. 

L'opérateur se place entre deux baquets pleins d'eau, dont 
l'un contient le mâle et l'autre la femelle dont il doit se servir. 
Il a devant lui un vase à fond large et plat, en faïence ou en 
verre, bien propre et rempli d'eau pure à la température de 5 
à 6 degrés. Il saisit le poisson femelle de la main gauche, le dos 
serré dans la paume, en le tenant aussi près que possible sur la 
surface de l'eau; et avec le pouce de la main droite, il exerce le 
long du flanc une légère pression qui fait sortir un jet d'oeufs. 
Ces oeufs plus lourds que l'eau tombent au fond du vase. En 
même temps, un aide prend le poisson mâle, et, en opérant de la 
même manière, il fait écouler sa laitance en quantité suffisante 
pour donner à l'eau la couleur de petit lait. 



44 

Pour que la laitance imprègne tous les oeufs, on agite douce- 
ment l'eau avec la main, ou, mieux encore, avec un pinceau à 
poils fins. La fécondation est faite au bout de quelques minutes. 
A ce moment, l'eau troublée par la laitance a perdu sa qualité 
fécondante. On la verse lentement et on la remplace par de l'eau 
pure à la même température. Tout ce travail doit se faire rapi- 
dement et dans un endroit abrité contre le soleil et la lumière 
vive du jour. 

Pour^obtenir l'éclosion des oeufs ainsi fécondés, on peut se 
servir, comme appareil d'incubation, d'auget en terre vernie, 
dans lequel on adapte une claie en verre sur laquelle on étale 
les oeufs. Puis, au moyen d'un filet réglé par un robinet, on 
établit un courant continu, cjui assure le développement régulier 
des oeufs. Au moment de l'éclosion, les alvins passent à travers 
les baguettes de verre et tombent au fond de l'auge, qui doit 
être couvert d'une couche de sable fin. 

Pendant toute la durée de l'incubation, qui varie de six se- 
maines à deux mois, il faut enlever, tous les deux ou trois jours, 
les oeufs qui ont blanchi. Ces oeufs sont morts, et leur présence 
est dangeureuse pour les autres. Le repos le plus complet est 
d'absolue nécessité pendant les premiers jours. A défaut d'ap- 
pareils, on peut développer les oeufs de saumon et de truite dans 
de petits ruisseaux à fond caillouteux, à condition que l'eau, plu- 
tôt froide que chaude, ne soit ni très profonde, ni très courante, 
et que tous les ennemis des oeufs et des alvins en soient soigneu- 
sement écartés. 

L'alvin ou jeune poisson, une fois éclos, doit être consei*vé 
dans les appareils d'incubation cinq ou six semaines sans nour- 
riture, la nature y pourvoyant, après quoi il sera devenu assez 
fort et agile pour chercher sa subsistance. On peut alors le por- 
ter directement, dans les cours d'eau que l'on veut peupler. Il 
serait préférable d'attendre que les jeunes poissons soient déve- 
loppés pour les mettre en liberté, mais pour cela il faudrait dis- 
poser de bassins d'alvinage dans lesquels ils seraient conservés 
et nourris. Les aliments qui conviennent aux alvins de truites et de 
saumons, sont de la chair de poisson ou de mollusque d'eau 
douce broyée très fin, pour le début. Plus tard, on peut leur 
donner des vers de vase et des larves. Aux poissons comme la 
carpe, on sert des débris de cuisine, des pommes de terre, des 
détritus de jardins. 

Aa cours de cette courte leçon de pisciculture, nous n'avons 
parlé que des espèces saumonnées, en particulier de la truite, 
car c'est le poisson que Ton trouve le plus en abondance dans nos 
lacs et nos ruisseaux du nord de Montréal, la plus universelle- 
ment répandue et recherchée. Il y a bien encore le brochet, le 



45 

doré, l'achigan, etc., dont nos grands lacs foissonnent, mais ils 
sont moins l'objet de la convoitise des gourmets que la petite 
truite grise et rouge, si délicieuse et pourtant si facile à propa- 
ger. Rien n'empêche que l'on fasse aussi l'élevage du dor3 et 
d'autres poissons avec autant d'avantage, les principes de pis- 
ciculture à appliquer sont absolument les mêmes. 

LA FABRICATION DES BROSSES ET DES BALAIS 

Cette industrie occupe dans la basse Picardie, France, plus 
de 15,000 personnes, hommes, femmes et enfants, soit en usine, 
soit en chambre et à domicile, mais le montage des soies et des 
crins est confié non seulement aux ouvrières des villes travail- 
lant en ateliers, mais encore aux femmes et aux jeunes filles des 
campagnes avoisinantes, celles-ci travaillent à domicile et de 
façon intermittente tout en continuant à vaquer aux soins du 
ménage. Voici à ce sujet le détail de fabrication que nous em- 
pruntons à ''La Canadienne," de Paris: — 

"La fabrication des brosses et des balais en fibres végéta- 
les (chiendent, coco, bassine, tampico) est susceptible de pro- 
curer d'appréciables bénéfices à quiconque s'en occuperait à la 
campagne, soit à des moments de loisir, soit pendant la saison 
où le temps ne permet aucun travail au dehors. Les brosses ainsi 
fabriquées servent au lavage du linge, à l'entretien du ménage, 
ou à la toilette des animaux. 

''L'apprentissage du brossier est des plus facile. Mais si l'on 
arrive aisément à fabriquer des brosses, on ne parvient pas de 
suite à faire vite — qui est un précieux élément de succès. L'ha- 
bitude seule amènera à faire vite et bien, l'agilité ef l'adresse 
personnelles étant des facteurs importants. 

"Le genre de brosses dont nous conseillons la fabrication 
à la campagne se compose de trois parties: la monture ou patte 
percée d'un nombre variable de trous: les fibres végétales; 
enfin la ficelle destinée à manier les fibres dans la monture. 

"On trouvera les divers types de montures en bois chez tous 
les fabricants de matières premières pour brosseries. Toutefois 
une personne adroite voisine d'une chute d'eau peut scier et 
percer elle-même des montures et y trouver déjà un premier 
bénéfice. 

''Pour monter une brosse on passe une ficelle pliée en forme 
de boucle dans un trou de la monture, en l'introduisant par la 
face supérieure. Cette boacle sort de l'autre côté. On y engage 
alors une pincée de fibres, dont la grosseur varie suivant la di- 
mension des trous à boucher. On tire ensuite la ficelle, et la 
boucle en se refermant, entraîne avec elle dans l'épaisseur de 



46 

la monture les fibres qui, convenablement disposés, doivent se 
trouver exactement plies en deux et former ainsi le pinceau que 
Ton nomme ''loquet." On procède à cette opération tout au- 
tant de fois qu'il y a de trous dans la monture. 

''Un brossier exercé, suivant ses aptitudes et son habilité, 
peut bouclier aisément de 250 à 300 trous à l'heure. 

"Une fois le montage fait, on frotte vigoureusement la bros- 
se à l'étrille, s'il s'agit de fibres raides (chiendent), ou biea on 
la peigne avec un peigne de métal, s'il s'agit de fibres soupière, 
et il ne reste plus alors qu'à égaliser les brins à l'aide de ciseaux 
semblables à ceux des tailleurs. 

"Les fibres végétales sont vendues en bottes (coco, bassi- 
ne) ou en queue (chiendent, tampico.) Le premier travail con- 
siste donc à couper les fibres à l'aide d'un couteau guillotine 
spécial, à des dimensions variant suivant le type de brosse désirée. 
Si l'on veut éviter l'achat du couteau guillotine on peut se pro- 
curer dans certaines maisons spéciales des fibres coupées aux 
dimensions voulues. Ces fibres subissent évidemment de ce fait 
une augmentation de prix, mais elle se trouve compensée par la 
diminution des déchets. 

"On peut se livrer à la fabrication des brosses avec un 
outillage sommaire, comprenant une paire de ciseaux spéciaux, 
un peigne spécial en métal et une étrille. Il y a à Paris une cen- 
taine d'ouvriers ou ouvrières en chambre qui travaillent dans ces 
conditions et trouvent dans cette occupation une rémunération 
raisonnable. Les résultats doivent être bien meilleurs à la cam- 
pagne où la vie est bon marché, surtout s'il s'agit de personnes 
utilisant la veillée après le labeur quotidien ou les longues jour- 
nées inoccupées de l'hiver, maussade et rigoureux. 

L'INDUSTRIE DU SUCRE ET DU SIROP D'ERABLE AU 

CANADA PARTICULIEREMENT DANS LA 

PROVINCE DE QUEBEC 

La fabrication du sucre et du sirop d'érable est l'une des 
plus anciennes industries des vieilles provinces du Canada. Elle 
date du temps des Indiens qui savaient avant nous extraire la 
sève de l'érable et en tirer parti à l'approche du printemps. Ils 
entaillaient les arbres au tomahawk et recueillaient l'eau dans des 
baquets ou casseaux d'écorce. On faisait bouillir cette sève dans 
des chaudrons de terre et on en obtenait du sirop et du sucre. 

Nos ancêtres apprirent d'eux à faire le sucre et leur méthode 
primitive fut longtemps en usage. Mais l'outillage s'est beau- 
coup perfectionné depuis, surtout en ces dernier temps, et l'in- 
dustrie a pris une importance considérable. Les sucres et les 



47 

sirops que l'on en retire aujourd'hui sont de grande valeur et 
commandent de hauts prix sur les marchés. Un sirop atteint 
aisément $1.25 le gallon, et, un sucre de même qualité, 15 cents 
la livre. Un propriétaire d'une érablière de 3,000 arbres, expé- 
rience faite, dans les conditions du perfectionnement moderne 
d'exploitation, réalise en cinq ou six semaines, tous frais déduits 
dans les cin(i cents dollars. 

La statistique suivante, relevée par le Bureau du Dominion, 
démontre suffisamment l'importance de l'industrie du sucre et 
du sirop d'érable: — 

La production annuelle moyenne entre 1850 et 1861 était de 
13,500,000; de 1861 à 1871, 17,500,000; 1871 à 1881, 19,000,000; 
de 1881 à 1891 elle a atteint le chiffre de 22,500,000 de livres pour 
retomber à 21,000,000 pendant la décade suivante. En ces der- 
nières années, elle est restée un peu au-dessous de 20,000,000. 
Malgré ce fléchissement, la production reste encore considérable ; 
l'emploi plus général des méthodes modernes et quelques encou- 
ragements arriveraient certainement à lui faire gagner et même 
dépasser les hauts chiffres atteints les années qui ont suivi 1880. 

Au Canada, l'industrie est confinée à la province de Québec, 
l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. La pro- 
duction annuelle des provinces maritimes a rarement dépassé 
un demi million de livres, celle de la province de Québec oscille 
autour de 14,300,000 et celle de l'Ontario approche 5,500,000. 

On estime à peu près de 55,000 le nombre des producteurs 
et à peu près de deux millions de dollars leur chiffre d'affaires. 

Les érablières sont très communes dans les régions de forêt 
de la province de Québec et le colon peut à son gré choisir son 
domaine agricole là où existe l'érable en quantité suffisante 
pour se créer une exploitation qui lui soit fructueuse sans qu'il 
lui en coûte plus que le prix de vente fixé par l'Etat, pour toute 
concession faite pour des fins d'agriculture. Le colon est donc 
absolument libre sous ce rapport. 

Le sucre et le sirop d'érable sont, il est intéressant de le re- 
marquer, devenus une source de revenus importante. Dans le 
seul district des Cantons de l'Est, comprenant Saint-Jean, Que- 
bec, la production du sucre, l'an dernier a été de 3,496,468 livres. 
On a fabriqué en outre, dans cette même partie de la province, 
412,000 gallons de sirop d'érable. Si l'on prend comme moyenne 
par livre un taux de 12 cents, on arrive à trouver que dans cette 
seule partie du pays le sucre a rapporté à nos fermiers une som- 
me de $419,576.16, sans compter ce que le sirop a produit, et 
tout cela dans une saison où l'attention du cultivateur ou de 
l'éleveur n'est guère occupée autre part. 



48 

Nous nous arrêtons ici avec la confiance que nous avons 
suffisamment développé le sujet qu'embrasse cet humble tra- 
vail pour croire que nous viendrons ainsi en aide à ceux qui ont 
besoin de certaines connaissances pour se créer des moyens d'exis- 
tance ou mettre à profit leurs capitaux dont ils pensent faire un 
meilleur emploi dans les régions ou les pays oii la matière pre- 
mière pour alimenter l'industrie du bois abonde et ne coûte pour 
ainsi dire que le trouble de savoir s'approvisionner. Nous devons 
à la généreuse hospitalité du journal la "Presse," de Montréal, 
d'avoir pu, dans une série d'articles assez récents, publier ces 
études que le lecteur nous saura gré de lui offrir à titre gratuit 
en brochure avec l'espoir de lui être agréable. 



FERMES A VENDRE OU Â LOUER 

En outre des terrains boisés, appartenant à l'Etat, propres 
à l'agriculture mais d'où il faut commencer par enlever le bois, 
la Société offre une quantité de fermes en culture ou partielle- 
ment en culture, à vendre ou à louer avec promesse de vente dans 
les régions de colonisation et les vieilles paroisses de la province 
de Québec, à conditions faciles de paiement ou de loyer. Ces 
fermes conviennent admirablement aux immigrants ayant lex- 
périence de l'agriculture et le capital nécessaire, quelque petit 
qu'il soit. Ils ne sauraient appliquer avec plus de profit leurs 
épargnes. Ces fermes sont à proximité des marchés et des che- 
mins de fer, puis avoisinées d'une population de langue fran- 
çaise. 



LES REGIONS DE COLONISATION 

Les régions de colonisation de la province de Québec où la 
Société dirige les immigrants sont les suivantes : le Nord de 
Montréal, la Vallée du Lac St-Jean, la Vallée du Témiscamingue, 
la Vallée de Témiscouata, la Vallée de Matapédia, la Gaspésie et 
autres endroits. Toutes ces contrées sont desservies par des che- 
mins de fer qui les relient aux grands centres commerciaux. Ces 
terrains boisés, appartenant à l'Etat, se concèdent à prix nominal, 
mais sujets à des conditions d'établissement. 



CREATION D'UNE NOUVELLE PAROISSE 

La Société de Colonisation entreprend la création d'une pa- 
roisse dans le diocèse de Mont-Laurier, pour y installer des im- 
migrants de langue française et des Canadiens des Etats-Unis. 
Le site est des mieux choisi : sol, eau, bois, gibier, communica- 
tions, voisinage du chemin de fer, rien n'y manque. L'occupa- 
tion est commencée ; des Belges, des Français et des Canadiens 
sont déjà à l'oeuvre. 

Un pouvoir hydrauli(iue, pouvant fournir la force motrice 
à plusieurs installations industrielles, est à la disposition des 
personnes entreprenantes; la matière première en essences de 
toutes sortes, est à proximité et en abondance ; les terres arables 
se concèdent aux conditions ordinaires fixées par l'Etat, qui 
sont des plus faciles et des plus encourageantes. 

Tous rens( ignements à ce sujet seront fournis sur demande 
par la Société. La paroisse en question n'est qu'à 140 milles 
environ de Montréal, la métropole du Canada. 



POIDS, MESURES ET MONNAIES 

L'acre du Canada vaut 40 ares; 

Le lot vaut 400 ares plus ou moins; 

Le canton équivaut à 400 lots plus ou moins; 

Deux acres et demie font un hectare; 

L'arpent en superficie vaut 34 ares; 

Le mille du Canada vaut 1609 mètres ; 

La verge du Canada vaut trois pieds; 

Le pied du Canada vaut m. 30% ; 

Le mètre vaut trois pieds 3 pouces; 

La livre du Canada vaut 454 grammes; 

Le gallon du Canada vaut 4% litres; 

Le minot du Canada vaut 36 litres ; 

La piastre ou dollar du Canada vaut 5 f rs 25 ; 

$ — est le signe de la piastre ou du dollar. 

La Société enverra sur demande, franc de port, les brochu- 
res traitant de l'exploitation et des concessions forestières dans 
la province de Québec, pour les fins de l'agriculture. 



Fermes à Coloniser 



DANS 



Les Gantons de l'Est 



A vendre à conditions faciles de paiement. Prix 
variant de cinq à sept piastres l'acre. Rabais 
encourageant pour achat au comptant. A proximité des 
chemins de fer et des marchés. A la porte de Montréal, la 
métropole du Canada. Avantage exceptionnel pour l'é- 
coulement du bois. Sol universellement fertile, plat et 
])ien arrosé. 

Occasion unique pour ceux qui veulent se créer un 
domaine agricole. Les immigrants de langue française, 
connaissant la culture et ayant des économies, ne sau- 
raient faire un meilleur choix. 

Aussi à Vendre ou à Loutr 

Dans les environs de Montréal et dans les régions 
de colonisation de la province de Québec, des fermes en 
culture ou partiellement en culture, bâties et aménagées, 
avec ou sans le bétail, etc. Prix de vente ou de loyer au 
gré de l'acheteur. 

Cartes descriptives et détails supplémentaires four- 
nis sur demande. 

S'adresser à 

H. E. TRUDEAU 

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50 rue Notre-Dame Ouest, Montréal, P.Q., Can. 



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La Société de Colonisation de Montréal fait gratui- 
tement le placement des domestiques et des valets de 
ferme. Voici le salaire moyen que paient les employeurs : 

Garçon de ferme, de 60 à 100 francs par mois. 
Jardinier potager, de 75 à 125 francs par mois. 
Jardinier fleuriste, de 100 à 200 francs par înois. 
Servante, service domestique général, 50 à 80 francs par 

mois. 
Cuisinière, 75 à 125 francs par mois. 
Couple marié sans enfant, service domestique général, 

150 à 200 francs par mois. 
Les personnes ayant des aptitudes spéciales sont gé- 
néralement rémunérées plus grassement. 



Relations avec la Société 

Toute correspondance, demande d'emploi, de bro- 
chures, etc., etc., en rapport avec la province de Québec, 
doivent être adressées à l'agent général de la Société. 



Dr. J. A. BIGONESSE, 

100 St- Jacques, MONTREAL, Canada. 



Table des Matières 



Préface ^ 3 

Les industries profitables à la colonisation 5 

La valeur du domaine forestier du colon 7 

Le bois de feu comme source de revenu et aménagement de la forêt 9 

La scierie et ses avantages dans les conditions requises de succès 11 

Choix du lacol de la scierie et de ses moteurs 12 

Puissance de la chute ou du cours d'eau en chevaux-vapeur .... 14 

L'utilisation des déchets de la scierie — caisserie et autres objets 15 

Tranchage et déroulage pour marqueterie et ameublement 17 

L'industri du meuble et du placage 19 

Procédé du placage des meubles 21 

Débit des bois de pavés pour villes et villages 22 

Débits des bois de charronnage et ateliers modernes 23 

Dessiccation et conservation des bois — Procédés naturels 25 

Dessiccation des bois — Procédés artificiels 26 

Laine ou fibre de bois — Outillage de fabrication 28 

Le charbon de bois — sa fabrication — son emploi 30 

Procédé de fabrication du charbon de bois 32 

Bois d'Eclisse et de Vannerie 33 

Les osiers et leur culture 33 

Fabrication de la corde de fibre 34 

Les résines et les plantes médicinales 37 

L 'Osier — sa culture et ses usages 38 

La pisciculture et le colon 41 

La Fraie et les Frayères pour la reproduction du poisson 42 

Fabrication des brosses et des balais 45 

Le sirop et le sucre d 'érable 46 

Fermes à vendre ou à louer 48 

Les régions de colonisation 48 




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garçons et les femmes de service parlent également français et 
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